Projet 1 : Morphologie des réseaux et dynamique des interactions sociales

Porteurs de projet

  • Richard Arena (Maison des Sciences de l’Homme et de la Société Sud-Est) (GREDEG) ;
  • Bernard CONEIN (Maison des Sciences de l’Homme et de la Société Sud-Est) (GREDEG) ;
  • Alain Raybaut (GREDEG)

Laboratoires et/ou équipes UNS concernés

Partenaires

  • INRIA Sophia Antipolis-Méditerranée (WIMMICS),
  • Télécom Paritech, Sophia Antipolis

Personnes réellement impliquées (effectif global + détail nom, statut, laboratoire) : 11

  • Richard Arena, PR Sc. Economiques, GREDEG
  • Bernard Conein, PR Sociologie, GREDEG
  • Julien Barré, MCF mathématiques, LJAD
  • Alexandre Delanoé, chercheur sociologie numérique, CAMS UMR8557,
  • Fabien Gandon, DR informatique, Wimmics, I3S
  • Alain Giboin, CR informatique, Wimmics, I3S
  • Lauren Larrouy, Doctorante en sc. économiques, GREDEG
  • Christian Licoppe, PR Sociologie, Télécom ParisTech,
  • Alexandre Monnin, Starting Research Position INRIA (équivalent CR), Philosophie, Wimmics, I3S
  • Alain Raybaut, CR sc. économiques, GREDEG
  • Dominique Torre, PR sc. économiques, GREDEG

Objectifs

Le projet de recherche "Morphologie des réseaux et dynamiques des interactions" porte sur la dynamique évolutive des réseaux sociaux et économiques. Celle-ci est facilitée par la numérisation des relations inter-individuelles. Elle peut être produite par des interactions de nature économique modifiant la nature et la forme de réseaux collaboratifs entre des agents producteurs et innovateurs. Elle peut aussi concerner l’émergence et le développement de réseaux sociaux affectés par des transformations récentes qui concernent aussi bien l’évolution de la morphologie de ces réseaux et, en particulier, la formation des cliques et des communautés mais aussi la méthodologie utilisée pour construire les graphes des réseaux et donc la définition des formalismes. Ce projet comprend en fait deux volets.

Le premier consiste en une modélisation théorique de l’interaction entre individus (modèles dynamiques d’interaction sociales ou modèles de jeux dynamiques) sous contrainte de leurs caractéristiques cognitives et de leur propension aux interactions sociales ; ainsi que de la formation de communautés et/ou de réseaux qui en résulte. Il  vise à montrer l’importance de la cognition sociale, c’est-à-dire, de la cognition fondée sur la rencontre ou l’interaction avec l’autre dans la dynamique de coopération entre agents, qu’elle ait lieu dans un cadre numérique ou traditionnel. Les caractéristiques cognitives des agents incluent ici tout aussi bien leur rationalité individuelle, la représentation de leur identité individuelle et sociale, la perception de celle-ci, les heuristiques auxquels ils recourent, leurs motivations ainsi que leurs croyances. Ce volet du projet fait l’objet de collaborations au sein des Académies 1 et  2 du projet d’IDEX de la CoMUE UCA qui concernent à la fois l’analyse des réseaux et  de la complexité.

Cet objectif suppose (i) d’élaborer des hypothèses sur les mécanismes comportementaux computationnels propres à la cognition sociale des individus en partant de modélisations de d’une analyse sur la façon dont les informations sur les relations et les identités sont représentées au sein des réseaux et conditionnent la formation de véritables réseaux et de la diversité de leurs formes (cf. projet MTC-NSC)[1]; (ii) de modéliser la dynamique des réseaux en préservant la temporalité des interactions sociales entre agents sous forme de graphes évolutifs. La construction de ces graphes vise à restituer certaines propriétés  propres aux processus concrets d'interaction. Les nouvelles formes d'interactions sociales engendrées par le partage numérique d'informations sont alors examinées en prenant en compte le mode d'enregistrement des liens (cf. projet PEPS HumaIn en collaboration avec M. Latapy).

Le second propose une modélisation représentant la dynamique temporelle des interactions sociales sous forme de graphes évolutifs qui traduisent les propriétés propres à des processus concrets d'interaction. Dans la société numérique, la détection et l'analyse des données d'interactions sur des données massives a fait l'objet ces dernières années de multiples travaux. Les masses de données numérisées permettent en effet d’appréhender des phénomènes sociaux à partir de grands graphes et sur des périodes longues. Mais ces données sont généralement analysées au niveau global sans traitement des sous-structures locales. Or l’une des caractéristiques d’Internet est de permettre un enregistrement des micro-processus qui permettent d'observer les interactions entre les individus sur la longue durée.

Il s'agit en premier lieu de caractériser les structures réticulaires sous-jacentes aux processus d''interaction au niveau local en captant leurs dynamiques évolutives sur une longue période (par ex. en tenant compte de l'inscription de leurs occurrences dans le temps). De telles structures peuvent être vues comme des révélateurs de comportements (individuels ou de groupe), ou d'événements particuliers (comme une coalition ou un schisme).


[1] Cette recherche est menée aussi en collaboration avec des économistes (L.Bruni et G.Lecoûteux, notamment) et des philosophes (P. Livet  et A. Monnin) hors UNS sur les rapports entre réseau et processus d'interaction.

Financements externes (ANR, Région, Europe...)

  • PEPS Interdisciplinaire MoMIS 2013 et 2014 (Modèles Mathématiques et Interactions Sociales),
  • PEPS HumaIn 2014, PEPS ASCEE 2014.

Manifestations scientifiques

  • « Cognition sociale et modélisation des interactions », journée d’études avec Luigino Bruni (Università de Rome Lumsa), David Chavalarias (CAMS, EHESS), Pierre Livet (Université d’Aix en Provence);
  • « Comprendre nos interactions sociales : Une perspective neuro-économique », Séminaire avec Pierre Livet (Université d’Aix-Marseille) et Christian Schmidt (Université Paris-Dauphine), Journée d’études pluridisciplinaire MTC-NSC organisées par le Laboratoire JAD (présentation de Richard Arena et Alain Raybaut).