Université franco-allemande : Remise des Prix d’Excellence et de la Meilleure Thèse de l’UFA

Une étudiante de l'Université Nice Sophia Antipolis lauréate des Prix d'Excellence de l'Université Franco-Allemande.
Université franco-allemande : Remise des Prix d’Excellence et de la Meilleure Thèse de l’UFA

Monsieur Pascal Hector, ministre plénipotentiaire représentant l’Ambassadeur d’Allemagne en France, Monsieur Detlev Koller du Lions Club Recklinghausen, Madame Wassima Fahsi, Madame Claudine Thiefine du Lions Club Senlis Trois-Forêts et Monsieur David Cap

Une étudiante de la filière Langues étrangères appliquées (LEA) de l'Université Nice Sophia Antipolis lauréate des Prix d'Excellence de l'Université Franco-Allemande.


Le 25 janvier dernier a eu lieu au Palais de Beauharnais, résidence de l’Ambassadeur d’Allemagne à Paris, la remise des Prix d'excellence de l'Université franco-allemande (UFA). Ces prix viennent récompenser les performances de diplômés ayant effectué leur parcours universitaire dans le cadre d’un cursus intégré soutenu par l’UFA. Au nombre des lauréats figurait cette année Mme Wassima FAHSI, étudiante niçoise ayant obtenu en 2017 un double diplôme : "Licence LEA" de l'UNS et "Bachelor Deutsch-Französische Studien" de l'Université de Regensburg (Ratisbonne). Le prix, d'un montant de 1500 €, lui a été attribué pour son mémoire de fin d’études intitulé :
« Diglossie au Maghreb. Le rôle de la langue française dans le système éducatif marocain ».
Mme Fahsi poursuit désormais ses études de master à la Technische Universität de Berlin.

L'Université franco-allemande, dont l'UNS est établissement membre, joue un rôle d'expert dans les relations universitaires franco-allemandes. Elle a été créée en 1997 par un accord intergouvernemental ("Accord de Weimar"), et vise à renforcer la coopération entre les deux pays dans le domaine de l'enseignement supérieur et de la recherche. Elle est constituée d'un réseau d’établissements d’enseignement supérieur français et allemands et gère à l'heure actuelle 177 cursus intégrés en France et en Allemagne, regroupant plus de 6500 étudiants et occupant tous les champs disciplinaires (Sciences de l'ingénieur, Sciences naturelles/Mathématiques/Informatique, Médecine, Économie/Gestion, Droit, Sciences humaines et sociales et Formation des enseignants).

L'UNS, qui a accueilli en 2016 l'Assemblée annuelle de l'UFA, est partenaire de l'UFA dans le cadre de deux cursus intégrés de niveau licence (UFR LASH) :

- Études franco-allemandes : culture et civilisation, économie, droit (LEA), en coopération avec l'Université de Ratisbonne ;

- Licence binationale option 'enseignement' (LLCER Études germaniques), en coopération avec la Pädagogische Hochschule (Ecole supérieure de pédagogie) de Fribourg en Brisgau.

En savoir plus : www.dfh-ufa.org/fr et www.dfh-ufa.org/fr/formations/guide-des-etudes/mode/liste/ort/Nice/pointer/0/


À propos 


Formation franco-allemande des enseignants : Christian Tremmel, lecteur spécialisé DAAD en didactique et la formation des enseignants à Nice nous fait partager son expérience


S’il y a des domaines universitaires où la création de cursus binationaux est plus difficile à mettre en place que dans d’autres domaines, c’est bien dans le domaine de la formation des enseignants du secondaire, mais aussi en droit et en médecine. Pourquoi ? Tout simplement, parce que ces domaines sont non seulement soumis à de fortes restrictions nationales et plus réglementés que d’autres domaines, mais la formation et la sélection des enseignants sont aussi marquées par des divergences et des traditions nationales plus fortes que dans d’autres secteurs.

Afin de donner un coup de pouce aux cursus binationaux de l’Université Franco-Allemande (UFA/DFH), le DAAD subventionne depuis 2016 deux nouveaux postes de « DAAD-Fachlektoren/lektorinnen » en France, des postes de Lecteurs/Lectrices spécialisés dans le domaine de la didactique et la formation des enseignants qui font preuve de profils particuliers et ont déjà acquis beaucoup d’expérience dans leur domaine, tout comme leurs collègues spécialistes en droit, histoires ou sciences humaines également subventionnés par le DAAD.

 

Christian Tremmel

 

Christian Tremmel, en poste à l’Université Nice Sophia Antipolis depuis un an et demi, Oberstudienrat, c’est-à-dire professeur-titulaire de Gymnasium (collège/lycée) qui était aussi formateur d’enseignants en Allemagne auparavant, est lui-même diplômé d’un cursus franco-allemand. Il assure notamment des cours en master MEEF à l’ESPE de l’Académie de Nice, coordonne la Licence franco-allemande « enseignement » Nice-Freiburg et prépare avec les collègues responsables sur place le futur master MEEF franco-allemand en Allemand/Français (second degré) dont l’ouverture est envisagée en 2019. En même temps, il continue à animer des ateliers de formation continue destinés aux enseignants du second degré, en France et en Allemagne. Aujourd’hui, il nous fait partager son expérience :

« Comme j’ai enseigné pendant plus de 10 ans comme professeur de français et d’allemand dans des Gymnasien dans le secteur de Mayence (Mainz) en Allemagne, et après avoir participé pendant plusieurs années à la formation des enseignants là-bas, la perspective interculturelle dans la formation des futurs enseignants me paraît primordiale.
A Nice, nous proposons pour l’instant une Licence franco-allemande en Allemand (et Lettres modernes pour la bivalence allemande) accréditée par l’Université franco-allemande (UFA/DFH), en coopération avec la Pädagogische Hochschule (PH) Freiburg. Mais on ne s’arrêtera pas là. L’ouverture d’un master MEEF/Master of Education franco-allemand qui prévoit aussi la phase pratique (le stage d’enseignement en France et le « Referendariat für das Lehramt » en Allemagne) est prévu pour 2019, pour que nos premiers diplômés de Licence / Bachelor Nice-PH Freiburg puissent enchaîner leurs études par un master et vraiment avoir la possibilité de faire leur choix ensuite, dans lequel des deux pays ils voudront vivre et enseigner après leur stage et titularisation.

Les différences entre les deux systèmes d’éducation sont énormes et aussi la formation des enseignants dans les deux pays reste très différente. Là où la France a intégré la préparation du concours en première année de master et le stage d’enseignement dans la deuxième année du master MEEF, les Allemands passent leur stage de 18 mois seulement après l’obtention du master. Alors qu’en France, les enseignants du second degré se concentrent le plus souvent sur une seule discipline d’enseignement dans laquelle ils passent les concours de l’enseignement, le CAPES ou l’Agrégation, les professeurs allemands du second degré (collèges/lycées) sont toujours bivalents et enseignent deux matières qu’ils ont étudiées à part égale jusqu’au master.

En plus, la politique éducative, la sélection des futurs enseignants et leur titularisation est du domaine des länder, compétents dans ce domaine en Allemagne, alors qu’en France, tout dépend de l’Education Nationale comme futur employeur de la plupart des enseignants du secondaire. D’autres différences entre les deux pays s’ajoutent :

En Allemagne, les étudiants souhaitant enseigner plus tard s’inscrivent souvent dès la première année dans des parcours particuliers destinés aux futurs enseignants. Ces cursus prévoient, à côté des deux disciplines d’enseignement, dès la licence des cours qui préparent à l’exercice du métier (Fachdidaktik et Erziehungs-/ Bildungswissenschaften, c’est-à-dire des cours en didactique des langues par exemple, des stages d’enseignement, des contenus pédagogiques ou sur l’évolution de l’enfant, comment concevoir des séquences de cours etc.). En France, pour l’instant, les étudiant-e-s se concentraient souvent sur leur seule discipline (plus d’éventuels modules de découverte ou de matières mineures). Mais des passerelles vers l’ESPE qui préparent déjà au master MEEF (métier de l’enseignement, de l’éducation et de la formation) seront proposées bientôt.

Le parcours franco-allemand « UFA/DFH » en Licence et Master que nous proposerons intègre tous ces éléments au fil du parcours : deux matières d’enseignement, des stages d’enseignement, des contenus didactiques et la pratique du métier, la préparation au concours en France et aux examens nécessaires en Allemagne. C’est faisable, même si la tâche ressemble parfois à la fameuse « quadrature du cercle » et que le nombre d’interlocuteurs des deux côtés de la frontière est énorme. Cela devient encore plus difficile par des réformes respectives dans les deux pays ou des changements de maquettes d’études qui font qu’il faut à nouveau adapter les programmes d’études fixés par des conventions bi-latérales.

A part ce travail de conception, de coordination et d’administration, mais aussi d’information de futurs candidats et de nos participants, il y a, évidemment aussi mes cours qui intègrent tout le temps une dimension franco-allemande pour préparer au mieux nos futurs collègues à leur métier et ce, en pensant aux exigences des deux systèmes de formation des enseignants et aux différents milieux scolaires. Par chance, les grandes idées et concepts didactiques sont, tout de même, les mêmes dans les deux pays. Seulement, les approches et la pratique sont souvent bien différentes entre la France et l’Allemagne.

Même si le projet est de grande envergure, je suis convaincu que la coopération européenne universitaire doit absolument passer par la formation des enseignants aussi. Et c’est encore plus vrai dans le domaine de l’enseignement des langues. Un rapprochement entre les deux pays et des cursus binationaux sont nécessaires, afin de former des multiplicateurs pour notre cause commune : former des universitaires et citoyens européens qui se connaissent vraiment - et qui ont de l’expérience interculturelle par leurs études et leurs propres vécus. »

 Article en ligne sur le site du DAAD