Appel à communication : Colloque "(Auto)traduction et mondialisation des imaginaires à l’heure de la rebabélisation du monde"

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Les 22 et 23 Mai se tiendra un colloque interdisciplinaire nommé "(Auto)traduction et mondialisation des imaginaires à l’heure de la rebabélisation du monde"

22-05-2019 - 23-05-2019 - 08h00 à 20h00

Date limite de dépôt : 15 Février 2019
L’objet de ce colloque interdisciplinaire est de montrer les enjeux culturels et scientifiques de l’(auto)traduction à l’heure de la mondialisation des imaginaires et de la rebabélisation du monde : Internet en est l’illustration la plus frappante, où la part de l’anglais est passée de 90% à ses débuts à moins de 30% aujourd’hui, multipliant ainsi non seulement les échanges mais aussi les sources d’intraduisibilité et d’incommunication. La traduction a toujours joué un rôle considérable dans les transferts culturels, scientifiques et politiques. Aujourd’hui, sa place est devenue centrale, à une époque de plus en plus placée sous le signe de que Salman Rushdie appelle des « hommes traduits » dans Imaginary Homelands.
Dans les années 1950, on dénombrait 25 millions de touristes dans le monde. Aujourd’hui, ils sont 1,3 milliards. Les imaginaires des langues et des cultures sont, pour le meilleur comme pour le pire, en contact les uns avec les autres comme jamais auparavant dans l’Histoire de l’humanité : il est plus que jamais nécessaire de traduire pour comprendre l’Autre. Comme il ne saurait être question d’apprendre toutes les langues, on dira, pour paraphraser Umberto Eco, que « la langue de la mondialisation, c’est la traduction ».
L’originalité centrale de ce colloque est triple. D’une part, on considèrera qu’il est artificiel de faire une séparation radicale entre traduction et autotraduction : les deux vont, en réalité, de pair, sans oublier un cas intermédiaire, celui de la traduction en collaboration avec l’auteur, le tout relevant de l’œuvre à versions multiples où la génétique des textes occupe un rôle essentiel. Ensuite, et surtout, on soutiendra qu’il ne saurait être question d’établir de frontière étanche entre (auto)traduction littéraire –une session entière sera consacrée à Vladimir Nabokov – et scientifique. Pour se diffuser, les sciences – et par là on entend toutes les sciences, et pas seulement les humanités ou les sciences humaines – ne peuvent, elles non plus, se passer de l’(auto)traduction. Quel est aujourd’hui l’enseignant ou le chercheur, toutes disciplines confondues, qui n’a jamais eu – sauf s’il est anglophone – à se traduire ou à se faire traduire ? 
Enfin, les nouvelles technologies de l’information et de la communication rendent de plus en plus impossible de s’en tenir au seul vecteur de l’écrit : il faut également intégrer les autres formes de traduction, notamment sous leur versant intersémiotique, « multimodal », sans oublier les progrès accomplis dans le domaine de l’(auto)traduction « automatique » assistée par ordinateur. Certains nous prédisent l’apparition prochaine d’un « traducteur universel » tout droit sorti de Star Trek qui rendrait superflus les traducteurs/trices « humain(e)s ». On prétendra le contraire : loin de les supplanter, les machines leur donneront davantage de possibilités, tout en permettant au plus grand nombre d’avoir accès aux écrits, aux discours, mais aussi aux échanges en langue(s) étrangère(s) à une échelle sans précédent.
Les langues de la conférence seront le français et l’anglais. Les propositions de communications sont à adresser sous forme de résumés (400-500 mots) accompagnés d’une brève notice bio-bibliographique, en français ou en anglais, mais aussi en russe, italien, espagnol, portugais ou allemand à :
Michaël Oustinoff (michael.oustinoff@unice.fr),
Anna Lushenkova-Foscolo (anna.lushenkova-foscolo@univ-lyon3.fr)
et Paul Rasse (paul.rasse@unice.fr)
 
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