Retour sur le Droit à l’innovation pédagogique à Trotabas

Au cours de cette matinée organisée en collaboration avec les binômes PI du campus Trotabas, nous avons pu bénéficier du retour d’expérience des différents porteurs de projets innovants des années précédentes et d’une table ronde qui portait sur le droit à la transformation pédagogique.
Retour sur le Droit à l’innovation pédagogique à Trotabas

Le pot du PI, c'est un moment convivial pour parler de pédagogie !

Xavier Latour en sa qualité de référent enseignant PI nous a accueillis en nous faisant partager ses questionnements : comment préparer l’offre de formation alors que l’on doit faire évoluer notre façon d’enseigner ? Les cours magistraux classiques en présentiel ne doivent plus représenter que 50 % de l’ensemble des cours dans les dernières directives ministérielles. Il est donc nécessaire d’avoir un pourcentage croissant d’utilisation des pédagogies innovantes : 10 % au début du contrat et 25 % à la fin. C’est un défi prioritaire à relever en Droit en particulier pour trouver le bon compromis entre le cours magistral classique, mais repensé et réaménagé avec l’appui des technologies appliquées à la pédagogie.

L’enregistrement vidéo des cours encourage-t-il l’absentéisme ?

Ugo Bellagamba Maître de Conférence en Histoire du Droit et Olivier Ramon, technicien audiovisuel nous ont fait partager leurs 6 ans d’expérience sur les enregistrements des cours d’amphithéatre en podcasts. Au départ, le souhait d’Ugo Bellagamba était de pouvoir enregistrer ses cours en audio afin que les élèves puissent s’en servir comme support de révision des examens. Olivier Ramon, lui a proposé de faire un pas de plus et de passer directement à de la captation vidéo. Les premières étapes ont été la validation administrative de l’expérience et l’équipement des amphithéâtres et des salles de cours en vidéoprojecteurs. Le podcast s’est avéré particulièrement utile pour permettre aux étudiants de piocher des parties qu’ils n’auraient pas bien comprises et de réentendre un raisonnement, une méthodologie. Aujourd’hui, Ugo Bellagamba utilise ses vidéos en lien avec Jalon et l’utilisation de ces deux outils nourrit sa pédagogie. Au bilan, on peut constater que le niveau des bons étudiants a augmenté.  D’autre part, aucun étudiant ne regarde la totalité d’un cours en podcast et le fait de filmer un cours n’a aucune influence sur l’assiduité des étudiants en amphi.

S’ils marchent très bien avec les sciences exactes, les clickers peuvent-ils s’appliquer aux sciences sociales ?

Lucie Bargel, Maîtresse de Conférences en science politique utilise les clickers dans ses cours de démographie en amphi pour grands débutants. Elle peut ainsi faire participer 200 personnes et les clickers en apportant de l’interactivité représentent pour elle, une réelle transformation pédagogique du cours magistral en amphi. L’utilisation du clickers permet de vérifier des connaissances, de faire se situer les étudiants par rapport à des moyennes nationales et de les amener à interagir entre eux sur les questions du cours ou même de poser des questions de révision à la fin du cours. Surtout, les clickers permettent de rythmer et redynamiser un long cours de 3h en posant deux petites questions toutes les heures, l’aspect ludique et participatif permet de faire une pause pour mieux continuer à se concentrer. Dans son bilan, Lucie Bargel remarque qu’il y a eu moins d’absentéisme et que les notes aux examens sont plus étalées et sensiblement meilleures.

Philippe Weckel, Professeur en droit Public nous a présenté son projet soutenu cette année par la CFVU. Il s’agit de créer un cours en e-learning sur les fondamentaux du droit international. Ce cours utilisé avec les étudiants doit permettre de dégager du temps en amphi pour faire des études de cas en renforçant l’approche concrète sur des questions d’actualité. Concrètement, il s’agit de faire basculer 60h de cours présentiel vers le numérique. La forme vidéo est favorisée, car elle favorise le contact surtout pour une population numérique native. Le pari est d’en faire un manuel vidéo qui a vocation à devenir un MOOC.

Pourquoi avoir créé une plateforme vidéo interne (UNS Pod) alors que des outils comme YouTube ou Dailymotion existent déjà ?

Estelle Coll, chargée de projets innovants et audiovisuels pour les pédagogies, a présenté le nouveau dispositif dédié à la diffusion de vidéos pédagogiques UNSPod. Celui-ci permet de visionner, diffuser, chapitrer et enrichir des vidéos afin qu'elles prennent toute leur dimension pédagogique, tout en étant intégrées au sein du plan de cours (depuis Jalon) ou intégrables sur un autre site. Avec YouTube, on accepte de céder les contenus à Google. En tant qu’institution, ou en tant que scientifique cela pose un problème déontologique. Avec UNS Pod chaque personne est responsable de son contenu scientifique et libre de gérer son accès externe ou interne, de faire valoir l’exception pédagogique ou de diffuser sa vidéo sous licence creative commons, de modifier sa vidéo, de l’enrichir avec des documents pédagogiques ou de la supprimer. Un outil de diffusion de vidéo pose en amont la question de leur production. On pourrait imaginer des media training pour les enseignants afin qu’ils puissent être le plus performants et naturels face à une camera et aussi équiper de studios d’enregistrement les différents campus dans l’objectif de rendre les utilisateurs le plus autonomes possible.

Le PI lance une réflexion de fond sur les outils logiciels associés aux boitiers de vote électronique.

Lors de la table ronde nous avons débattu de l’utilisation des clickers en examen. La limite de ce type de dispositif pourrait être d’amener les élèves à moins réfléchir par eux-mêmes et les entrainer à apprendre les questions/réponses par cœur. Pour de l’évaluation, il y a donc une nécessité à faire évoluer chaque année les questionnaires associés. L’idéal étant d’avoir du matériel un peu sophistiqué pour s’offrir la possibilité de réponses ouvertes. D’un autre côté, les projets sont d’autant plus viables qu’ils sont indépendants des différentes implémentations technologiques. Le scénario doit pouvoir être transposable sur d’autres outils et les spécificités techniques ne doivent pas être bloquantes.

Didier Martin, Responsable des Systèmes d'Information pédagogiques a attiré notre attention sur les modifications de la politique commerciale de la société Turning titulaire du marché « clickers » et en particulier sur les logiciels.Le produit TurningPoint 5 diffusé jusque-là sans coût supplémentaire n’est plus supporté par la société et n’intègrera aucune des évolutions des futurs matériels (boitiers et récepteurs). De plus, TP5 ne propose aucune intégration avec la suite office dans ses nouvelles versions. Turning propose cependant trois produits afin de remplacer TP5 : La suite Flow, issue du rachat d’une société tierce très lourde dans son utilisation et issue d’une approche fonctionnelle éloignée de TP5 ; TurningPoint Lite version très allégée de TP5 ne fournit aucune intégration avec les suites bureautiques ni de possibilité de préparation des questions ou d’enregistrement des résultats obtenus lors des cours et TurningPoint Cloud : équivalent fonctionnel de TP5 avec des évolutions ergonomiques et fonctionnelles, nécessite un enregistrement préalable de l’enseignant en ligne, remonte des statistiques d’usage auprès de Turning. Aujourd'hui, il s'agit de limiter l’impact de ces changements de l’offre Turning dans la pratique des enseignants.

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