Fas, la protéine qui joue à pile ou face

L’équipe de recherche dirigée par Anne-Odile Hueber au sein de l’Institut Biologie Valrose vient de mieux saisir le fonctionnement de la protéine Fas, une protéine versatile, qui peut selon les cas arrêter ou au contraire entrainer une progression tumorale. Cette découverte laisse entrevoir de nouveaux biomarqueurs pour améliorer l’efficacité des traitements thérapeutiques. Ces travaux ont été publiés dans la revue PLOS Biology le 4 mars dernier.
Fas, la protéine qui joue à pile ou face

l'équipe de recherche d'Anne-Odile Huebert à l'IBV (UNS/CNRS/Inserm) ©A. Macarri Service Communication

La protéine Fas est une protéine qui présente la particularité d’entrainer, une fois liée à son ligand, soit la mort de la cellule soit au contraire sa prolifération. Sauf que jusqu’à présent, il n’existait pas de biomarqueurs qui permettaient de prédire le devenir d’une cellule et donc de déterminer le rôle de la protéine Fas.

L’équipe de recherche d’Anne-Odile Hueber travaillait depuis longtemps à comprendre ce qui déterminait l’une ou l’autre des situations (mort ou prolifération de la cellule). Ils ont découvert que la phosphorylation (ajout d’un groupement de phosphate sur la protéine) sur les acides aminés, tyrosines, dans le domaine fonctionnel du récepteur (le domaine de mort), est un élément déterminant.

Schema phospholyration

« 4 types de situations sont possibles » nous explique Anne-Odile Hueber. : 

  • une protéine qui n’a aucun groupement phosphate et qui va entrainer la mort de la cellule quand le ligand viendra s’ajouter,
  • et trois autres situations dans lesquelles soit les 2 résidus sont phosphorylés soit un des 2 et dans ce cas-là, le mécanisme bloque la mort de la cellule et conduit à la prolifération et donc à l’invasion des cellules tumorales.

Certains types de cancers comme le cancer du sein, du colon ou des ovaires présentent des niveaux de phosphorylation plus élevés de Fas alors que les cancers du poumon ou du col de l’utérus au contraire présentent de faibles niveaux. Cela va permettre de prédire la stratégie anti cancéreuse à utiliser.

Un nouveau défi thérapeutique

Cette découverte va permettre d’utiliser la phosphorylation de Fas comme biomarqueur prédictif dans les cellules cancéreuses permettant d’adapter les thérapies utilisant Fas comme cible et augmenter ainsi leur succès thérapeutique. Un brevet est en cours de dépôt pour la mise au point d’une méthode pour prédire soit la réponse à un traitement anti-cancéreux dépendant de la voie de signalisation de Fas soit la résistance au traitement anti -cancéreux

Contact chercheur : Anne-Odile Hueber -