Gala de la Licence Professionnelle Journalisme audiovisuel 2016 : l'émotion à son comble

Comme chaque année, l'ensemble des magazines réalisés par les étudiants de la Licence Professionnelle Journalisme audiovisuel (JAV) de l’IUT Nice Côte d’Azur a été diffusé en public le 1er avril dernier. L'année 2016 s'est révélée un excellent cru avec de nombreux magazines qui mériteraient d'être diffusés sans délai. C'est le magazine « Réfugiés, le temps d'un hiver » qui a obtenu le prix du jury et le prix du public. A l'issue de la projection, l'espace d'un instant, subrepticement, Henri Sannier, Président du jury essuyait une larme.

Après cinq heures d'attente à l'aéroport d'Orly, Henri Sannier, le Président du jury est là. Le théâtre du Collège International de Cannes est comme d'habitude bondé pour cette "Master Class". C'est que les étudiants viennent souvent accompagnés de leurs parents, de la famille, d'amis. D'anciens étudiants assistent aussi à la diffusion pour profiter des conseils et des remarques émises en direct après la diffusion de chaque magazine. 

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Au dernier rang du théâtre, un petit groupe de spectateurs vient de plus loin encore. Après un passage par Calais, ils vivent actuellement à Briançon. Ils sont Soudanais. Ils étaient migrants, ils sont provisoirement réfugiés, le résultat d'une politique active de diverses associations avec le soutien de l'Etat en leur faveur.  S'ils se sont déplacés, c'est pour soutenir le magazine qui leur est consacré. Parmi eux, une ancienne journaliste, Hiba Eisa qui, comme ses compatriotes, a trouvé en France l'espace d'un hiver une terre d'accueil. 

 

L'hiver d'une vingtaine de Soudanais accueillis à Briançon, ça ressemble à quoi ? Le premier plan du magazine montrent ces réfugiés qui pellettent la neige en se demandant s'il y aura un jour un peu de soleil. Le reste du document est à l'unisson. C'est un festival de rencontres improbables, une ode à l'échange. Des cours d'arabe sont échangés contre des cours de français, les briançonnais retrouvent les réfugiés lors de soirées. Mais comme la langue reste un obstacle, tous inventent ensemble une pièce sans parole, un théâtre de gestes, de mimes qui reproduisent des situations vécues et traumatisantes. L'espace d'un instant,  malgré l'épée de Damoclès du retour au Soudan, tout devient possible. A se demander pourquoi si peu de lieux de refuge de ce type existent en France ?

 Un prix spécial a été décerné par le président du jury au troisième magazine du classement : "Le Mal-être des policiers : les Maux bleus". Ce document a été tourné au Courbat, un établissement unique en France dédié au soin des policiers alors qu'en 2015, 45 policiers et 25 gendarmes se sont donnés la mort. 

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Jacques Araszkiewiez - Directeur de la Licence professionnelle Journalisme Audio Visuel (JAV)