Géoazur : Mireille Laigle et son équipe de jeunes chercheurs récompensées par l'Institut de France

Mireille Laigle et son équipe de jeunes chercheurs de l’UMR Géoazur (UNS/ CNRS / OCA) et de l’Université des Antilles et de la Guyane viennent de se voir décerner la subvention de la Fondation Simone et Cino del Duca de l’Institut de France 2015 pour leur projet intitulé « OBservatoire SIsmologique Virtuel de la subduction Antillaise (OBSIVA) : au cœur de la région source des grands séismes ».
Géoazur : Mireille Laigle et son équipe de jeunes chercheurs récompensées par l'Institut de France

M. LAIGLE

L’objectif de ce projet est de mieux quantifier la magnitude maximale des grands séismes qui pourraient affecter dans le futur la zone de subduction des Petites Antilles. Cette évaluation est extrêmement importante car les failles de subduction sont celles qui produisent les plus grands séismes au monde. L’évaluation préalable des plus fortes magnitudes possibles est cependant difficile, comme nous l’a cruellement rappelé la magnitude exceptionnelle et non-anticipée du séisme géant de Tohoku-Fukushima en mars 2011.

Mireille Laigle et son équipe disposent pour ce travail d’une base de données exceptionnelle, incluant des données d’imagerie géophysique en mer, et des données de sismicité instrumentale enregistrées à terre et en mer lors de multiples missions ainsi que celles fournies par les Observatoires nationaux qui surveillent depuis 60 ans la zone de subduction antillaise.

Pour anticiper la magnitude d’un séisme, il est nécessaire de connaître un certain nombre de propriétés de la faille susceptible de rompre et de son milieu adjacent, en particulier l’architecture en trois dimensions de la faille, ses propriétés frictionnelles, les propriétés élastiques du milieu adjacent, et les différents agents qui peuvent modifier ces propriétés de la faille et du milieu (ex : fluides, fracturation, etc.).

Le projet vise à exploiter la richesse de l’information contenue dans la totalité des données disponibles sur la subduction antillaise. L’équipe de Mireille Laigle propose d’effectuer l’inversion conjointe de toutes les données de tirs artificiels et de sismicité naturelle disponibles entre Antigua et la Martinique. Cette inversion produira une image en trois dimensions de la zone de faille de subduction, sur 400 km de long, 100 km de profondeur, à une résolution kilométrique jamais atteinte à ce jour. Le modèle sera confronté aux données d’imagerie identifiant les interfaces, discontinuités et failles majeures dans la zone, ce qui permettra de l’affiner. Ce sera la première fois au monde qu’une image tridimensionnelle aussi vaste, aussi profonde et aussi bien résolue sera produite sur une faille sismogène.

Mireille Laigle, chargée de recherche au CNRS, est responsable de l’équipe « Dynamique des marges convergentes » de l’UMR Géoazur. C’est une spécialiste de l’imagerie géophysique des grandes failles sismogènes de subduction, dont l’objectif scientifique est de comprendre comment la structure de ces failles géantes contrôle l’occurrence et l’amplitude des forts séismes qu’elles produisent. Mireille Laigle a été responsable de nombreuses campagnes de géophysique, en mer comme à terre, et de plusieurs grands projets financés par l’ANR et l’Europe.

 

La Fondation Simone et Cino del Duca de l’Institut de France favorise la recherche scientifique et concourt à la conservation, la mise en valeur et l’enrichissement du patrimoine scientifique et culturel. Créée en 1975 par Simone del Duca (1912-2004), en hommage à son mari, l'éditeur de presse italien et philanthrope, Cino Del Duca (1899-1967), la Fondation poursuit ses missions par le moyen de subventions, de prix et d'aides attribués chaque année à des chercheurs ou équipes de recherche sur proposition des Académies de l'Institut de France.