La drosophile au coeur d'un colloque

Le 30 ème colloque français sur la Drosophile s'est tenu du 27 au 30 septembre à Grasse à l'invitation de l'Institut Biologie Valrose. Ce congrès annuel a rassemblé sur 4 jours la communauté scientifique française utilisant la drosophile comme modèle d‘étude génétique pour mieux comprendre les processus biologiques.
La drosophile au coeur d'un colloque

Les organisateurs du colloque Drosophile - crédit photo © A. Macarri

Florence Besse, Julien Colombani, Rénald Delanoue, Caroline Medioni, Laurent Ruel et Véronique Van de Bor sont tous les 6 chercheurs à l’iBV (l'institut de biologie ValroseUNS, CNRS). C'est à leur inititiative  que la 30eme édition du congrès français sur la drosophile s'est tenue à Grasse.

Cette manifestation annuelle réunit les chercheurs, ingénieurs, techniciens et étudiants spécialisés dans les études de processus biologiques et pathologies utilisant le modèle drosophile. Elle réunit une centaine de chercheurs à différents stades de leur carrière (étudiants en thèse, chercheurs post-doctoraux, chercheurs confirmés…), et d’origine variée (étudiants ou post-doctorants français ou étrangers travaillant dans des laboratoires français, post-doctorants français travaillant dans des laboratoires étrangers, chercheurs étrangers intéressés par une implantation en France, invités internationaux…).  L'objectif de ces chercheurs est de mettre en commun les thématiques étudiées en utilisant le modèle drosophile et de pouvoir échanger sur les techniques, les idées et de discuter des nouvelles découvertes engendrées par l'étude de ce modèle.

 

Les participants au 30eme colloque Drosophile
Les participants au 30 ème colloque national Drosophile à Grasse - crédit photo : C. Geminard

Lors de cette édition 2016, 9 éminents spécialistes de renommée internationale sont intervenus : Iris Salecker, spécialiste en Neurobiologie, venant du Francis Crick Institute de Londres en Grande Bretagne, Franck Schnorrer, spécialiste en Bio-mécanique, de l’IBDML de Marseille, Armel Gallet spécialiste en Interaction hôte/pathogène de l’Institut Sophia Agrobiotech, Allison Bardin, spécialiste en Cellules souches, thérapie génique, de l’Intistut Curie, Paris, Annette Schenk, spécialisée dans l’étude des pathologies cérébrales du Donders Institute au Pays Bas, Aurélio Teleman, spécialiste de la régulation de la croissance et du métabolisme, de l’EMBL d’Heidelberg en Allemagne, Catherine Rabouille, spécialiste en Biologie Cellulaire de l’Hubrecht Institute au Pays Bas, François Payre spécialiste de la régulation de l’expression génique du Centre de Biologie du Développement de Toulouse, Romain Levayer spécialisé en Interaction cellulaire de l’institut Pasteur de Paris.

Le congrès s'est articulé autour de 9 sessions thématiques, et de 2 sessions posters qui ont permis à un maximum d’étudiants de présenter leurs travaux et d’échanger avec la communauté.

La drosophile, un modèle d'étude complet 

La drosophile (ou mouche du vinaigre) est utilisée comme modèle pour les recherches en biologie depuis plus de 100 ans. C’est indiscutablement l’organisme modèle qui est le mieux connu en science et constitue à ce jour un outil essentiel afin de générer de nouveaux concepts en biologie. La valeur de ce modèle a d’ailleurs été reconnue par l’attribution de 5 prix Nobel de médecine, depuis T.H. Morgan en 1933 jusqu’à J.A. Hoffmann en 2011. Environ 75% des gènes connus pour être impliqués dans des maladies humaines sont conservés chez la drosophile.

La mouche constitue donc un modèle idéal pour étudier des pathologies humaines comme par exemple les maladies neuro-dégénératives comme la maladie de Parkinson ou l’autisme et les mécanismes impliqués dans l’apparition de ces pathologies. Ce petit organisme qui s'élève facilement en laboratoire permet également de comprendre comment mieux diagnostiquer ces pathologies et à long terme de mettre en place de nouveaux traitements.

Grace à ses nombreux outils génétiques, la drosophile constitue également un très bon modèle qui permet d'étudier des processus biologiques fondamentaux à l'échelle de la cellule ou de l’organisme. Les connaissances établies chez la drosophile ont déjà fait progresser notre compréhension du vivant et contribuent aujourd’hui grandement aux avancées dans le domaine de la santé et en particulier de la lutte contre le cancer.