Une nuit pour changer de regard sur la géographie

L’UNS et le Lycée Massena ont organisé le 31 mars la première édition de la nuit de la géographie à l’initiative du comité national français de la géographie. L’occasion de montrer que la géographie ne sert pas uniquement à lire des cartes mais qu’au contraire elle aborde des thématiques contemporaines et d’intérêt.
Une nuit pour changer de regard sur la géographie

Promenade urbaine avec les géographes - crédit photo © service communication

La première nuit de la géographie a eu lieu le 31 mars dernier dans plusieurs villes de France. L’édition niçoise a été organisée par le département de géographie, le laboratoire de géographie (UMR ESPACE, UNS, CNRS) en collaboration avec le lycée Massena. De 15h à 23h, se sont succédées des conférences animées par des enseignants-chercheurs et chercheurs de l’UNS et des balades nocturnes à travers la ville pour montrer une autre image de la géographie et des géographes au grand public.

Entretien avec Karine Emsellem, maître de conférences en géographie à l‘UNS

  • Qui est à l’origine de « La Nuit de la géographie » ? Pourquoi avoir créé cet événement ?
    Karine Emsellem : la nuit de la géographie est une initiative de l’association nationale française de la géographie qui regroupe tous les géographes de France, dans le but de donner une autre image de la géographie. La géographie ne cherche pas seulement à énumérer le monde mais plutôt à le comprendre et à le gérer. Aujourd’hui la discipline ne sert pas seulement à lire des cartes mais aborde nombre de thématiques actuelles et centrales. 
  • Quelles sont les thématiques de recherche abordées par la géographie ? Et plus spécifiquement par la géographie à Nice ?
    K.E : La géographie peut aborder de manière différente des phénomènes variés. Elle concerne par exemple le tourisme, les espaces agricoles, l’aménagement du territoire, les flux migratoires. Avec cet événement, nous souhaitons partager nos résultats de recherche avec le grand public. Par exemple, dans une conférence intitulée « Les formes des tissus urbains des villes azuréennes », nous avons pu expliquer au public les travaux de recherche des géographes qui, grâce à la géomatique, ont pu établir 9 grandes familles de paysages urbains sur la Côte d’Azur et avons proposé au public présent de participer en imaginant un paysage urbain dans 100 ans. Autre exemple de thématique de recherche, le tourisme : on associe souvent la Côte d’Azur au tourisme balnéaire alors que des travaux de recherche ont mis en évidence le rôle majeur joué par le tourisme de congrès qui représente la première source de ressources touristiques de la Ville de Nice. En matière de flux migratoires, la géographie s’intéresse aux flux migratoires qu’ils soient légaux ou illégaux. Une cartographie de ces flux permet de définir des tracés emblématiques (routes, barrages, lieux de tension, etc.), et d’éclairer différemment le cas médiatique de Vintimille. 
  • Vous proposiez ce soir-là des promenades urbaines. Peut-on être sensible aux problématiques de la géographie dans notre environnement proche et dans notre quotidien ?
    K.E : Oui car tout peut s’aborder sous l’œil du géographe : ce dernier apporte souvent des réponses pertinentes aux problématiques quotidiennes. Nous avons voulu changer l’image du géographe assis derrière son bureau. C’est pour cette raison que nous avons proposé des balades permettant de découvrir la géographie sous différents aspects inattendus (pollution lumineuse, géosymboles). 
Propos recueillis par Delphine Sanfilippo

 


Découvrez une "Promenade urbaine avec les géographes" par Laurie Chiara

"Il n’a ni parapluie ni mégaphone, juste une chemise sobre et l’avantage de la taille pour se distinguer du « groupe » : une quinzaine d’individus sans autre dénominateur commun que la curiosité. Réunis autour de Valentin Grosso, étudiant en troisième année de licence à l’Université, ces inconnus expérimentent en effet une « première » en France. Ils participent à une « Nuit de la géographie », organisée simultanément dans plusieurs villes françaises. Au travers de conférences et de « promenades urbaines », chercheurs du laboratoire ESPACE et étudiants prêtent leur regard de géographes au public d’un soir. Les thèmes, à Nice, balayent le tourisme, l’agriculture, les risques, les migrations ou encore la ville. Valentin Grosso propose ainsi de s’intéresser à la transformation de Nice par les espaces publics."

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Retrouvez les conférences de la nuit de la géographie en vidéo :