Lancement du projet AIR pour le dépistage précoce du cancer du poumon

Un an après la mise au point d'un test de dépistage du cancer du poumon par prise de sang, les Prs Hofman et Marquette ont annoncé le lancement du projet AIR lors d'une conférence de presse au CHU le 9 novembre dernier. L’étude va porter sur 600 personnes à risque, de plus de 55 ans, fumeurs ou ex-fumeurs souffrant de bronchopathie chronique obstructive (BPCO). L'étude sera mise en place dans 15 centres en France, dont le CHU de Nice.
Lancement du projet AIR pour le dépistage précoce du cancer du poumon

Conférence de presse du 9 novembre

Le cancer du poumon est la première cause de mortalité par cancer dans le monde. Le tabagisme en est responsable du cancer du poumon dans 90% des cas. Un fumeur sur cinq développera un cancer du poumon s’il a fumé toute sa vie. Malgré des progrès récents, le pronostic reste sombre et les patients porteurs d’un cancer du poumon symptomatique décèdent en général dans les 5 ans qui suivent le diagnostic.

La BPCO est caractérisée par une obstruction progressive et irréversible des bronches qui résulte d’un remodelage des bronches et d’une perte de l’élasticité du poumon lié à la destruction des alvéoles (emphysème). Comme le cancer du poumon, c’est la maladie du fumeur. En France, 3,5 millions de personnes sont touchées dont 2/3 l’ignorent. Cela représente 17 000 morts chaque année…

Les cellules tumorales circulantes, des marqueurs précoces pour le dépistage du cancer du poumon ?

L’étude "Projet AIR"  a pour but d’évaluer l’intérêt de la recherche de cellules tumorales circulantes sur une prise de sang, combinée à la réalisation d’un scanner thoracique, pendant 3 ans consécutifs pour le dépistage du cancer du poumon. En effet, la migration dans le sang de cellules tumorales est un phénomène qui intervient précocement dans le développement des tumeurs. Cette propriété est utilisée dans certains pays pour surveiller l’efficacité de la chimiothérapie des cancers du sein, de la prostate ou du colon en situation métastatique. Dans une étude récente il a été démontré, que chez des patients à risque de cancer du poumon (fumeurs ou ex-fumeurs, porteurs d’une BPCO), on pouvait, grâce à la technique appelée ISET (sorte de filtre sanguin), mettre en évidence dans le sang circulant des cellules cancéreuses qui portaient toutes les caractéristiques de cellules de cancer du poumon, avant même que le cancer ne soit détecté sur le scanner thoracique.

Le projet permettra d'évaluer si la présence de cellules tumorales circulantes (CTC) peut aider à faire la différence entre ce qui est malins (cancer) et ce qui est bénin (autre maladies) chez les nombreuses personnes qui se voient découvrir des anomalies sur le scanner de dépistage et d'évaluer si la présence de cellules tumorales circulantes (CTC) est un marqueur de risque qui justifierait, chez les personnes chez qui on les mettrait en évidence, une surveillance plus particulière.

Un projet collaboratif Université/CHU

Le projet AIR est porté par les équipes de recherche des Prs Paul HOFFMAN et Charles-Hugo MARQUETTE de l'IRCAN (Institut de recherche sur le cancer et le vieillissement) mais aussi des Drs Pascal BARBRY et Bernard MARI de l'IOMC (Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire) et les équipes du CHU de Nice. Ce projet fédère et articule les trois composantes essentielles à la recherche dans le domaine : les équipes soignantes, les équipes de recherche (UNS/CHU/INSERM/CNRS) et la Biobanque 06 (Centre Ressources Biologiques / CHU Nice). Ce sont au total quatorze équipes françaises (dont Lille et Paris 7) qui sont impliquées dans ce projet, elles sont coordonnées par Nice.
Ce projet est en majeure partie financé par des dons faits auprès de la fondation UNICE, la fondation de l'UNS.