Une équipe de recherche de l’Institut de Chimie de Nice (ICN) décrypte le mécanisme moléculaire de la perception des odeurs

Dans un article publié au Journal of the American Chemical Society, revue très prestigieuse en sciences moléculaires, Jérôme Golebiowski et Claire de March ont réussi à établir les bases atomiques de la perception d'une odeur par notre cerveau. Ces travaux ont été faits en partenariat avec les universités américaines Duke et UPenn.
Une équipe de recherche de l’Institut de Chimie de Nice (ICN) décrypte le mécanisme moléculaire de la perception des odeurs

Claire de March et Jerome Golebiowski - crédit photo @A. Macarri service communication

Saviez-vous que notre cerveau met en action 400 types de récepteurs différents pour percevoir une odeur ? Dans ces 400 types de récepteurs, une grande partie est variable mais certaines caractéristiques sont semblables.

Dans l'article publié, le groupe franco-américain animé par Jérôme Golebiowski (MCF), en s’appuyant sur les travaux de Claire de March (doctorante), a identifié les parties partagées par l'ensemble de ces récepteurs qui vont leur permettre de fonctionner et de déclencher un influx nerveux lorsque notre cerveau perçoit une molécule odorante.

Cette découverte est très importante dans la mesure où de nombreuses études avaient été réalisées sur d'autres récepteurs comme ceux qui participent à notre vision par exemple, mais très peu sur les récepteurs olfactifs. Il s'agit pourtant de récepteurs très importants au moins en termes de nombre puisqu'ils représentent la plus grande famille de récepteurs dans le protéome (protéines exprimées par un mammifère). 2% du génome humain sont en effet dédiés à notre olfaction.

En comprenant mieux les mécanismes impliqués dans la perception des odeurs, cette équipe de recherche experte en modélisation moléculaire et en chimie informatique va ainsi pouvoir mettre au point un logiciel qui pourra simuler la fonction de la partie de notre cerveau qui perçoit une odeur. Cela s'appelle un nez computationnel. Le rôle des deux laboratoires américains des Universités Duke et UPenn, spécialistes en neurosciences, sera de faire des tests et de vérifier ce qui a été prédit par les travaux de l'ICN.

D'autre part, d'autres travaux de recherches pourront concerner les récepteurs olfactifs également présents dans différents organes du corps humains comme le foie, le pancréas, les poumons, les reins ou les spermatozoïdes. Par exemple, dans certaines cellules cancéreuses, on trouve des récepteurs olfactifs et une piste de recherche consiste à essayer de bloquer ces récepteurs pour éviter la prolifération de ces cellules.


En savoir plus : http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/jacs.5b04659