Monter sa boîte après des études universitaires

Le statut d'étudiant entrepreneur proposé par le gouvernement est une nouveauté de cette rentrée universitaire 2014. Les étudiants peuvent compter sur le Bureau d’Aide à la Création d’Entreprise (BACE) de l’UNS et s'appuyer sur des concours dédiés comme le prix PEPITE pour donner naissance à leurs projets...
Monter sa boîte après des études universitaires

Christophe Garelli du BACE

Monter sa boîte après des études universitaires. D’une filière à l’autre, l’idée passera pour sérieuse, saugrenue, voir contraire aux principes académiques. Pourtant, le Bureau d’Aide à la Création d’Entreprise (BACE) de l’UNS assure garder sa porte ouverte à tous les étudiants. Christophe Garelli, conseiller au BACE a ainsi répondu à l’invitation des futurs docteurs en biologie, le 4 septembre dernier. Lors des journées de l’école doctorale, il a présenté le bureau à une quarantaine de jeunes, dont certains n’ont pas caché leur ignorance ou leur scepticisme. Une question récurrente, notamment, a concerné la procédure de sélection des projets.
Car, si le BACE reçoit chaque année depuis 4 ans une vingtaine de propositions, il ne propose un stage en pépinière d’entreprises qu’à environ un tiers d’entre eux. « Nous ne recherchons pas systématiquement l’innovation et nous pouvons toujours nous tromper dans notre jugement », prévient Christophe Garelli. « Toutefois, nous évaluons la motivation du candidat, sa volonté d’embrayer dans la foulée du stage, et bien sûr le réalisme du projet », explique-t-il. Autrement dit, la capacité d’auto-financement de la start’up dans les meilleurs délais. Or, pour se lancer, les jeunes entrepreneurs peuvent surtout s’appuyer sur des concours dédiés, comme le prix PEPITE (1) ou celui de la Fondation Unice.

« Le statut d’étudiant entrepreneur, proposé par le gouvernement, est également en train de se mettre en place, mais n’existe toujours pas à ce jour », précise le conseiller. Ainsi, face à un établissement prêteur, les distinctions restent la meilleure façon d’étayer un dossier. En effet, dans certaines disciplines, comme les sciences de la vie et de la santé ou la chimie, les équipements nécessaires à la création d’une start’up peuvent très vite faire grimper la note. Ainsi, les sommes versées en récompense d’un prix ne constituent parfois qu’une aide quasi symbolique.

De bons vulgarisateurs et de bons communicants

Le BACE, lui, intervient en amont en offrant aux candidats a priori les plus prometteurs, de travailler sur leur projet au cœur de la pépinière située au centre Nice Premium, dans la plaine du Var. « Nos stagiaires ont ainsi l’occasion d’échanger avec des start’up, des chargés d’affaires et d’être suivis par un spécialiste de l’Incubateur Paca-Est », décrit Christophe Garelli. C’est avec ce dernier qu’ils établiront une feuille de route à tenir pendant les 2 à 6 mois de stage. Pendant cette période, le BACE veille en outre à ce que les étudiants ou récents diplômés se concentrent sur leur projet. Pour cela, l’Université Nice Sophia Antipolis a établi un partenariat avec Crit-Interim. L’agence verse sa taxe d’apprentissage à l’UNS, qui assure ainsi le salaire des stagiaires, leur hébergement et la rémunération de l’incubateur pour sa prestation. En 2013-2014, sur sept projets sélectionnés, la moitié a ainsi abouti.
« Une agence de création de sites Internet, une autre dans l’événementiel, G Addiction, un site web destiné à faciliter la recherche de colocations, un cabinet de Fitness », cite le conseiller. Du côté des sciences exactes, Christophe Garelli n’a qu’un seul exemple en tête, celui de Biomanda, une agence de services en bioinformatique, implantée à Sophia Antipolis.

Formé en marketing et en commerce, il reconnaît d’ailleurs « la difficulté, dans certains domaines dont la biologie, à saisir le contenu du dossier ». Autrement dit, pour se donner une chance, « les candidats doivent d’abord être de bons vulgarisateurs et de bons communicants ».

(1) http://www.apce.com/pid14520/prix-pepite.html&espace=5