Sarcomes : vers une prise en charge plus personnalisée

L’équipe du Professeur Florence Pedeutour, Chef d’équipe à l’Institut de recherche sur le cancer et le Vieillissement de Nice (IRCAN) et Responsable du laboratoire de génétique des tumeurs solides du CHU de Nice, vient de publier un article dans la prestigieuse revue scientifique « The Lancet Oncology » sur la nécessité de la réalisation d’analyses moléculaires dans la prise en charge médicale des sarcomes.
Sarcomes : vers une prise en charge plus personnalisée

Florence Pedeutour (en haut à gauche) et son équipe de recherche - Crédit Photo : © A. Macarri

Les sarcomes sont des tumeurs conjonctives malignes des tissus mous, de l’os ou des viscères. Ce sont des tumeurs rares, qui représentent environ 1% des cancers de l’adulte et touchent près 10 000 personnes par an en France. La prise en charge d’un patient atteint de sarcome est difficile, non seulement en raison de la rareté de ces tumeurs, mais aussi de leur complexité et de leur hétérogénéité. D’après l’OMS, il en existe plus de 50 types différents qui sont autant de maladies distinctes.

L’équipe du Professeur Florence Pedeutour, professeur des universités et praticien hospitalier au sein de l'IRCAN et du CHU de Nice, a été à l’origine de la découverte d’anomalies chromosomiques et moléculaires dans plusieurs types de sarcomes. Le laboratoire de génétique des tumeurs solides du CHU de Nice analyse les sarcomes en utilisant différentes méthodes. En 2008, il était apparu nécessaire d’évaluer l’impact medico-économique des analyses moléculaires dans la prise en charge de ces tumeurs. C’est ainsi que l’essai clinique GENSARC a été mis en place par l’Institut National du Cancer, coordonné par le CHU de Nice.

Une avancée majeure en médecine personnalisée

Le projet GENSARC a uni les efforts de huit centres de biologie moléculaire, respectivement à Nice, Bordeaux, Villejuif, Paris, Strasbourg, Lyon et Lille, de 40 pathologistes experts dans le domaine des sarcomes et de près d’une centaine de cliniciens, qui ont, in fine, inclus 384 patients dans l’étude. Cette étude a montré que la combinaison de l’interprétation de la morphologie (observation des caractéristiques des cellules au microscope) et de l’immunohistochimie (méthode de localisation de protéines dans les cellules d'une coupe de tissu) avec les analyses de génétique moléculaire (anomalies des gènes et des chromosomes des cellules tumorales), fournissaient des informations capitales. La conjonction de ces méthodes permet d’établir un diagnostic exact, évitant ainsi les stratégies thérapeutiques inappropriées. L’étude GENSARC a aussi démontré pour la première fois de manière prospective, multicentrique et documentée, la nécessité de réaliser de façon systématique une analyse moléculaire pour toute suspicion de sarcome.

Les programmes de recherche dans le domaine des sarcomes restent donc à la pointe de l’actualité, que ce soit pour continuer à les décrire et les caractériser, mais surtout pour identifier de nouveaux traitements.

Pour consulter l’article : Italiano A, Di Mauro I, Rapp J, Pierron G, Auger N, Alberti L, Chibon F, Escande F, Voegeli A, Ghnassia J, Keslair F, Laé M, Ranchère-Vince D, Terrier P, Baffert S, Coindre J, Pedeutour F. Clinical effect of molecular methods in sarcoma diagnosis (GENSARC): a prospective, multicentre, observational study. Lancet Oncol. 2016 Mar 9. pii: S1470-2045(15)00583-5.