Cancer : un nouvel espoir dans le traitement des mélanomes

L'équipe de recherche menée par Stéphane Rocchi, Directeur de recherche Inserm, au Centre Méditerranéen de Médecine Moléculaire - C3M (UNS-Inserm) vient de découvrir une nouvelle molécule, le HA15, qui réduit la viabilité des cellules cancéreuses du mélanome sans être toxique pour les cellules normales. Ces travaux de recherche, très prometteurs, ont été menés en partenariat avec l'équipe du Dr Benhida à l'Institut de Chimie de Nice (UNS, CNRS) et viennent d'être publiés le 26 mai dans la revue Cancer Cell.
Cancer : un nouvel espoir dans le traitement des mélanomes

De gauche à droite : Stéphane Rocchi, Magali Plaisant, Elisa Cavazza, Abdelali Lehraiki, Patricia Abbe

Le mélanome est une des formes les plus agressives du cancer de la peau. Même si récemment des résultats encourageants ont été obtenus avec des thérapies ciblées notamment les inhibiteurs de B-Raf (Vemurafenib et Dabrafenib) ou avec de l'immunothérapie, ces réponses restent transitoires et/ou insuffisantes avec, dans de nombreux cas, l'apparition de résistances primaires ou acquises. En effet, l’identification de nouvelles molécules candidates est donc un élément incontournable pour la mise en place de biothérapies spécifiques contre le mélanome.

Dans ce contexte, sur la base de résultats déjà obtenus par l'équipe et en collaboration avec l'équipe du Dr Rachid Benhida de l'Institut de Chimie de Nice, l'équipe de Stéphane Rocchi a synthétisé et développé de nouvelles molécules anti-mélanome. Ils ont ainsi identifié une nouvelle famille de molécules, les Thiazole Benzensulfonamides (TZB) avec des propriétés anticancéreuses dont le "lead compound" appelées HA15.

Le HA15 réduit la viabilité des cellules de mélanome sans être toxique pour les cellules normales. Cette molécule induit un stress du réticulum endoplasmique qui va induire une mort des cellules de mélanome par apoptose (mort cellulaire programmée) et autophagie (dégradation partielle du cytoplasme de la cellule). Cette molécule est également active sur des cellules de mélanomes résistantes aux inhibiteurs de BRAF, une thérapie ciblée contre le mélanome. De manière intéressante, Stéphane Rocchi et son équipe ont montré que cette molécule était très efficace chez la souris pour diminuer le volume tumoral (modèle de xénogreffe) sans toxicité apparente chez le rongeur. Dans le but d'avoir une approche plus physiopathologique et en collaboration avec le service de Dermatologie du CHU de Nice, l'équipe a aussi montré que ces molécules étaient actives sur des cellules de mélanomes sensibles ou résistantes aux thérapies ciblées fraîchement prélevés sur des biopsies de patients. Enfin, HA15 est aussi efficace sur des lignées cellulaires provenant d'autres tumeurs comme le cancer du sein, du colon, de la prostate, du pancréas ou bien encore des gliomes ou des leucémies myéloïdes chroniques. Le but ultime de ce projet est développer potentiellement ces nouvelles molécules dans le traitement du mélanome en plus généralement dans le traitement d'autres types de cancers.

En plus d'une publication dans la prestigieuse revue "Cancer cell", ce travail a fait l'objet d'un dépôt de 2 brevets par INSERM transfert, d'une présentation au programme MATWIN pour un transfert industriel et a bénéficié d'un financement pour de la maturation par INSERM transfert (Grand COPOC). 

  • Contact chercheur : Stéphane Rocchi, Directeur de recherche Inserm - équipe "Biologie et pathologies des cellules mélanocytaires: de la pigmentation cutanée aux mélanomes" -