Une équipe de recherche niçoise découvre une nouvelle cible de l’alcool

L’équipe Biologie des canaux ioniques de l’Institut de Biologie Valrose (Université Nice Sophia Antipolis / CNRS) vient de découvrir une nouvelle cible de l’alcool ouvrant de nouvelles perspectives dans le traitement de l’alcoolisme. Les résultats de ces travaux ont été publiés début septembre dans PNAS, le journal de l’académie des sciences américaines.
Une équipe de recherche niçoise découvre une nouvelle cible de l’alcool

l’équipe « Biologie des canaux ioniques »

Les canaux ioniques génèrent les signaux (courants) électriques qui permettent au système nerveux de percevoir le monde, d’intégrer l’information, de créer la mémoire et de contrôler le comportement. Des chercheurs de l’équipe « Biologie des canaux ioniques », dirigée par Guillaume Sandoz, chercheur au CNRS, ont développé une technique qui permet de télécommander l’activité des canaux TREK avec la lumière, avec une résolution spatiale du micromètre et temporelle de la milliseconde.

Grâce à cette technique, leurs récents travaux ont permis d’établir que ces canaux TREK sont la cible, indirecte, du baclofène qui est actuellement un moyen efficace de lutte contre l’alcoolisme. Les chercheurs ont alors étudié la régulation des TREK par l’alcool et ont démontré que ces canaux sont une cible spécifique de l’éthanol via une voie de signalisation inédite. En effet, ces canaux sont inclus dans des microdomaines membranaires qui facilitent leur activité. En détruisant ces microdomaines, l’alcool induit une levée de l’activation tonique des canaux TREK ; ce qui se traduit par leur inhibition. TREK étant une cible indirecte du baclofène, ce mécanisme d’inhibition du canal TREK pourrait être impliqué dans l’addiction à la consommation d’alcool et son arrêt par le baclofène qui s’oppose à cette inhibition. Ainsi, cibler les canaux TREK ouvre de nouvelles perspectives dans le traitement de l’addiction à l’éthanol.

L’agence du médicament avait autorisé au mois de mars 2014 une prescription temporaire du bacoflène dans le traitement de l’alcoolisme. Cependant les effets sont assez inégaux et engendrant parfois des effets secondaires. Les recherches menées par l’équipe de Guillaume Sandoz ont permis de mieux connaître le mécanisme d’action moléculaire du bacoflène et donc de découvrir une cible d’action qui pourrait être plus directe et efficace.