Les techniques de conscience du corps : pratiques, modèles théoriques et applications.

Journée d'études organisée avec le soutien de la faculté des lettres, arts et sciences humaines de l'UNS et les laboratoire LAPCOS, CTEL et LIRCES
Quand ? Du 08-06-2015 à 09:00
au 09-06-2015 à 18:00
Où ? Campus Carlone - Bâtiment H, amphi 75
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Présentation

Marcel Mauss, dans son texte séminal de 1936 consacré aux techniques du corps, ouvrait la voie et donnait le « la » à ce qui allait devenir un des champs de recherches les plus fertiles et prolifiques en sciences sociales, à savoir les études sur les processus d’enculturation ou de socialisation du corps. Cet intérêt pour les mécanismes de mise-en-corps ou embodiment d’habitus sociaux a conduit de nombreux chercheurs à s’intéresser à la dimension sensible de la culture, c’est-à- dire la manière dont les individus en viennent non seulement à partager des représentations, mais aussi des manières de sentir et de ressentir en fonction des groupes, institutions et pratiques culturels auxquels ils participent. Plus récemment, un nouveau courant de recherche a vu le jour, avec pour objet de prédilection les « techniques de conscience du corps » (Chenault, Hamard et Hilpron 2011 ; Grison 2012). Cette expression désigne l’ensemble des techniques qui consistent à augmenter, affiner et/ou moduler le rapport que les personnes entretiennent avec leurs propres corps et esprit. On observe un intérêt populaire pour ces techniques à partir des années 80, insufflé par l’essor des dites « techniques somatiques » (Feldenkrais, Alexander, Body Mind Centering,...) aux Etats- Unis, centrées sur la prise de conscience et l’aspect qualitatif du mouvement, ainsi que du boom des méthodes de développement personnel, largement inspirées de techniques orientales laïcisées : le yoga puis les techniques de méditation bouddhistes d’Extrême-Orient, le qi gong, ou encore le tai ji quan, font l’objet d’une appropriation culturelle de grande ampleur dans le monde occidental. Alors que les techniques somatiques ont largement infusé les milieux artistiques (danse, théâtre, etc.) et, dans une moindre mesure, celui des thérapies et des pratiques de soins, les techniques orientales laïcisées ont davantage vocation, pour un nombre toujours croissant de nos contemporains, à nourrir les valeurs du bien être et du bien vivre et sont mobilisées en tant que ressources individuelles pour lutter contre le stress et les « pathologies existentielles » associées aux modes de vie contemporains. Le succès grandissant de ces techniques de conscience du corps est, par ailleurs, alimenté par l’attrait croissant qu’elles exercent sur les approches médicales dites « holistiques » ou « intégratives », qui s’érigent contre une conception trop mécaniste de la santé, ainsi que sur la science en général, avec notamment l’émergence toute récente des sciences dites « contemplatives » (Wallace, 1989). L’étude des techniques de conscience du corps n’est donc plus l’apanage des sociologues et anthropologues, héritiers directs de la pensée maussienne, mais se voit massivement investie par des disciplines telles que la médecine (notamment la psychiatrie, l’oncologie), la psychologie clinique et expérimentale ainsi que les neurosciences.

Dans un tel contexte d’engouement à la fois populaire et scientifique pour les techniques de conscience du corps, plusieurs chercheurs et praticiens-chercheurs issus de milieux et de disciplines diverses vont se rassembler pour échanger autour de trois thématiques à nos yeux complémentaires des différentes approches liées aux techniques de conscience du corps :

- les techniques de conscience du corps dans la création artistique
- les techniques de conscience du corps en contexte de soin
- la circulation et les (ré-)appropriations des techniques de conscience du corps entre l’Orient et l’Occident

 

Ces journées bénéficient du soutien de l’UFR LASH de l’Université Nice Sophia Antipolis ainsi que des laboratoires LAPCOS, CTEL et LIRCES.