Séminaire d’esthétique

Les esthétiques de la différence : Lyotard, Deleuze, Derrida Le séminaire se tiendra ces dates : 24 et 31 mars, 7 et 14 avril 2014, 17h - 20h
Quand ? Du 24-03-2014 à 17:00
au 14-04-2014 à 20:00
Où ? Campus Carlone, salle H 102 B
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Par  Carole Talon-Hugon

 

Ce séminaire se propose d’explorer la pensée esthétique de trois philosophes français communément rangés sous la catégorie de la post-modernité et dont la pensée s’est constituée et développée au cours de la seconde moitié du XXème siècle : Lyotard (1924-1998), Deleuze (1925-1995) et Derrida (1930-2004). 

 

A des titres différents, ces trois penseurs dont la notoriété internationale demeure forte, ont mis à mal la philosophie de l’art. Que ce soit à la manière de Lyotard qui reproche au concept son inaptitude à saisir le monde sensible antéprédicatif auquel l’art donne accès, et accuse tout discours logocentré de chercher à masquer le fait que l’art est affleurement du désir. Que ce soit à la manière de Deleuze qui, dans son ouvrage sur Bacon, substitue au couple du fond et de la forme celui de la matière et de force et promeut l’immanence et la sensation pure au détriment du sens. Que ce soit à la manière de Derrida qui affirme le caractère insaisissable, inassignable et aporétique de l’art et veut rendre les œuvres à leur indéterminabilité foncière.

 

De l’ « esthétique libidinale » lyotardardienne à la déconstruction derridienne, ces penseurs font de l’art « un démenti à la position du discours » (Lyotard). Pour Hegel, l’esthétique comme réflexion philosophique sur l’art est possible et nécessaire puisque l’art n’est pas auto-suffisant  et que le logos est le seul lieu du sens. La philosophie est donc requise pour dire la vérité de l’art. Mais quand l’art est conçu comme le royaume d’un sensible que le langage ne peut saisir, d’un sens libidinal qui échappe précisément au logos, d’une multitude de sens possibles dont aucun n’est vrai, quid  de la philosophie de l’art ?