Séminaire « La philosophie économique et la question de l’altérité »

Organisé dans le cadre l’axe 3 de la MSHS « L’Europe et ses ‘Autres’ » et de l’axe interdisciplinaire « Histoire des idées, des sciences et des arts », ce séminaire se propose d’explorer comment la philosophie économique contribue à une meilleure compréhension des fondements des systèmes et des doctrines économiques, et les interactions entre économie, philosophie et anthropologie.
Séminaire « La philosophie économique et la question de l’altérité »

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Quand ? Le 14-03-2016,
de 14:00 à 17:00
Où ? Campus St Jean d'Angély 3 - boulevard François Mittérand - Nice
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Programme :

14h : Bienvenue et introduction

14h15 : François Régis MAHIEU, Fonds pour la Recherche en Ethique Economique, « Une approche anthropologique de l’économie »
Les relations entre l’économie et l’anthropologie ont été particulièrement conflictuelles. Ce texte montre les apports de l’anthropologie à l’économie notamment les élargissements liés à la prise en compte de la personne comme sujet de l’économie et de ses propriétés, notamment responsabilité, vulnérabilité et souffrance. L’ouverture s’effectue aussi en admettant un spectre des valeurs, et implique une remise en cause de l’hédonisme.

14h45 : Damien BAZIN, GREDEG, Université Nice Sophia Antipolis, « Liberté, responsabilité et économie de la personne ».
Résumé : Liberté, responsabilité et économie de la personne tente de développer les notions imbriquées de personne, de responsabilité et de liberté en économie ; certes mais aussi en philosophie morale et politique. Il est question de réconcilier la rationalité de l’individu et la morale de la personne. Cette communication livre une réflexion méthodologique (phénoménologie versus kantisme) dans le but de ré-humaniser la personne (au travers de ses actions mais aussi valeurs et normes qui créent autant de droits et obligations à hiérarchiser). Nous proposons une extension de l’approche par les capabilités, car il est particulièrement discuté la notion de liberté (elle ne renvoie pas à une rationalité de choix comme présentée par les défenseurs de Sen). L’approche des capabilités de Sen, admet la liberté comme prisonnière d’une liberté purement fonctionnelle. Une telle conception ne considère pas la capacité des personnes à s’auto contraindre moralement (responsabilité).

15h30 : Gilles CAMPAGNOLO, UMR GREQAM, « Une approche proprement philosophico-économique doit s’appuyer sur l’une et l’autre discipline »

La collection « E-conomiques » des Éditions Matériologiques, dirigée par Gilles Campagnolo, se donne pour tâche de mesurer le réel à l’aune de la pratique effective des sciences (observation, expérimentation, théorisation, modélisation, simulation). Elle veut pallier les confusions entre exactitude et formalisme, entre critique négatrice et critique comme distinction nécessaire entre bons et mauvais usages de la raison. La communication prendra pour exemples les parutions.
Le premier ouvrage de la collection fut ainsi, dix ans et une crise économique majeure après une première publication (aux PUF), l’ouvrage Critiques de l’économie politique classique, qui revenait, dans une version revue et augmentée, sur l’urgence d’interroger les sources des critiques du libéralisme classique afin d’évaluer la pertinence dans l’environnement contemporain, et mobilisait l’appareil conceptuel des “matrices” des théories critiques fournissant l’aune à laquelle juger des discours redevenus d’actualité.

16h00 : Philippe GRILL, AMSE (Ecole d’économie d’Aix-Marseille), « Vers une nouvelle éthique de la sollicitude au service du déploiement de la personne »

L’objectif de cette communication est de présenter quelques réflexions structurées dans le dernier chapitre du cinquième volume de mon Enquête sur les libertés et l’égalité : une approche philosophico-économique, paraissant actuellement aux éditions Materiologiques, intitulé : Vers une nouvelle éthique de la sollicitude au service du déploiement de la personne. Nous partirons de l’idée, somme toute banale, bien que refoulée par la plupart des économistes et des philosophes, que la fragilité, loin d’être transitoire, est proprement constitutive de l’être humain, son invariant anthropologique. Elle renvoie non seulement à la précarité biologique de l’existence humaine et à certaines incapacités chroniques, mais aussi aux différents types de relations qui s’installent entre les personnes. La violence, l’humiliation et l’exclusion subies n’affectent pas tant l’amour-propre que la confiance, le respect et l’estime que les personnes peuvent avoir d’elles-mêmes. Elles réduisent leur capacité à agir librement et à préserver correctement leurs intérêts. La souffrance sociale créée par la violence, l’humiliation et l’exclusion est bien de nature morale. La confiance en soi, le respect de soi et l’estime de soi sont alors des biens premiers que toute personne désire et qui doivent donc être garantis au niveau institutionnel. C’est à partir de cette conception de l’identité que nous croyons possible de reconstruire une éthique sociale s’appuyant sur le sol raboteux de la vie ordinaire qui n’abandonne personne.