Biographie

Quel a été votre parcours après le bac ?

J’ai fait un bac littéraire option arts plastiques avec pour objectif d’être professeur des écoles. Dans cette perspective, j’ai suivi à l’Université de Nice Sophia Antipolis une double licence en histoire et en lettres modernes. En troisième année, j’ai donc tout naturellement réalisé un stage dans plusieurs écoles pour observer le métier, mais au final, même si l’expérience m’a plu, cela ne correspondait plus vraiment à mes attentes personnelles, aux challenges professionnels que je souhaitais.

En effet, en parallèle de mes études, j’ai rencontré de nombreuses personnes évoluant dans le secteur multimédia (graphistes, développeurs, chargés de communication) et je me suis intéressée à toutes ces questions, j’ai commencé à m’autoformer en développement web et création graphique. Mais tout cela n’était pas encore un projet clairement défini pour moi.

J’ai alors quitté Nice et j’ai continué mes études dans un domaine qui m’intéressait encore, l’histoire, en suivant un master au Centre d'Études Supérieures de la Renaissance à Tours qui offre une approche pluridisciplinaire de la période. En parallèle, j’ai toutefois continué à créer des sites internet et des supports graphiques.

J’ai ensuite postulé à l’UNS pour intégrer le master 2 en Information Communication Ingénierie de la Création Multimédia et Direction Artistique de Projets. En fin d’année, j’ai fait un stage de 4 mois au service des Pédagogies Innovantes de l’UNS où j’ai travaillé à  la conception d’une application mobile de la plateforme WIMS, serveur éducatif, plateforme d'apprentissage en ligne, couvrant de l'école primaire jusqu'à l'Université, dans de nombreuses disciplines. Ce qui m’a beaucoup plu au final lors de ce stage a été la recherche sur les besoins ergonomiques, d’interface. C’est à ce moment que j’ai vraiment finalisé la définition de mon projet professionnel.

Mon intérêt pour la conception centrée sur l’utilisateur m’a amené à chercher une formation qui m’apporterait les enseignements qui me manquaient et j’ai alors intégré le master 2  Sociologie et Ergonomie des technologies numériques. A l’issue de cette formation, j’ai postulé à LudoTIC où j’ai été reçue pour un stage de 6 mois. Puis j’ai été embauchée d’abord en CDD puis en CDI dans ce cabinet de conseil, où toute l’équipe est constituée d’ergonomes. J’y suis maintenant depuis 3 ans.

Quel est votre travail au quotidien ?

C’est essentiellement du conseil, pour des entreprises de toutes tailles, de la TPE aux multinationales. Nous intervenons à leur demande (appels d’offre, bouche à oreille) pour les accompagner dans la conception d’un nouveau produit ou dans la refonte d’un produit déjà lancé qui rencontre des problèmes d’ergonomie.

En tant qu’ergonome digital, je travaille sur tous les projets qui portent sur les Interfaces Homme-Machine (IHM) : site web, logiciel de travail, application mobile, borne interactive, jeu vidéo etc. Notre objectif est d’améliorer la satisfaction, l’efficacité et l’efficience des utilisateurs.

Nous proposons également des formations dans nos locaux ou dans les entreprises et nous menons des travaux de recherche et développement sur des sujets innovants (LudoLAB).

Au quotidien, je travaille dans les locaux de LudoTIC à Nice. J’accompagne généralement nos clients à distance avec des outils comme Skype par exemple. Mais pour les phases importantes du projet, livraison des résultats ou réunion de lancement, nous nous déplaçons chez notre client.

J’analyse les interfaces (audit) pour identifier leurs points forts et points faibles en termes d’ergonomie et formule des recommandations aux éditeurs pour optimiser le produit existant.

Nous faisons également appel à un panel d’utilisateurs défini (souvent avec le client) avec lequel nous réalisons des activités pour connaître leurs usages, leurs besoins, pour observer leurs réactions et voir ce qui fait sens pour eux. Par exemple, en réalisant des tests utilisateurs, des entretiens individuels, en diffusant des questionnaires ou en animant des ateliers de groupe.

A partir de là, je conçois l’architecture de l’information et réalise des maquettes pour discuter zoning et besoins de l’utilisateur avec le client, penser interaction et mise en page avant les questions d’esthétisme. Le graphisme est une prestation supplémentaire si besoin.

Quelles qualités sont pour vous nécessaires pour être ergonome ?

Pour moi, il faut être méthodique, à l’écoute des utilisateurs, l’ergonome doit être capable de reformuler les choses de manière claire, doit être un bon médiateur entre techniciens et utilisateurs.

Un métier d’avenir ?

Ce métier va forcément se développer, car l’ergonome est essentiel pour prendre en compte les besoins de l’utilisateur ce qui permet après à l’entreprise d’économiser en temps, en argent.  Aujourd’hui les grands groupes travaillent déjà avec des ergonomes dans leurs équipes.

On parle beaucoup aujourd’hui de user experience, et on organise de plus en plus d’ateliers collaboratifs qui réunissent un grand nombre d’utilisateurs et de concepteurs pour travailler ensemble sur des projets.

Le métier d’ergonome va prendre une place de plus en plus importante chez les éditeurs le plus en amont des projets possible et intégré aux équipes des entreprises.