L'IAE est un des acteurs-clefs de l'ascenseur social, en ciblant des métiers précis

L'Institut d'Administration des Entreprises (IAE) est implanté partout en France, se positionnant depuis 1955 comme une Business school publique à l'usage du bon management. Rencontre avec Nadine Tournois.

Comment et pourquoi est né le réseau des IAE ?

C'est une structure voulue par le MEDEF, qui il y a 60 ans dressait un constat : il n'existait en France que des universités, mais aucune business school, contrairement aux USA. Au tout début, il s'agissait d'offrir des formations diplomantes sur le modèle des MBA américains, avec toujours pour principale volonté d'apporter une double compétence à des étudiants qui voulaient créer leur entreprise. Sans être spécialistes, mais pour pouvoir s'y retrouver, en termes de bilans, des comptes, de résultats...

Et à Nice ?

Déjà 51 ans au compteur, puisque l'IAE a été fondé par Jean-Claude Dischamps en 1966. Il ne faut pas oublier que pour être labellisé IAE, il faut afficher un certain niveau, qui relève des universités, il faut proposer de vraies formations et faire preuve d'une gestion satisfaisante, ce qui garantit une autonomie certaine pour chaque institut. A chaque structure son mode de fonctionnement et d'admission, certaines commencent juste après le Bac, d'autres ne traitent que de Masters. A Nice, nous comptons 1.400 étudiants, dont une centaine en Licence. Notre coeur de métier, le Master, MBA, jusqu'au cycle doctoral. L'an dernier, seize de nos formations ont été classées parmi les meilleures de France, ce qui prouve bien qu'il faut se concentrer sur nos pôles d'excellence que sont les Masters comptabilité/contrôle/audit, où nous sommes très bien positionnés sur les formations experts-comptables et commissaires aux comptes, 6e derrière cinq écoles parisiennes.

Comment s'établissent ces classements ?

L'un des critères les plus visibles, c'est le salaire à l'embauche, nous pourrons difficilement faire mieux. Nous sommes aussi très bien positionnés sur le Master AMI (Affaires & Management International).

L'international, une évidence ?

C'est une composante primordiale, partie prenante d'une stratégie mise en place il y a une dizaine d'années, notamment autour du commerce, pour pallier le manque de formation en la matière. A Nice -et c'est une spécificité remarquable- nous comptions 106 nationalités en 2016 parmi nos étudiants, ce qui leur permet au cours de leurs différents cursus et stages en entreprises de découvrir d'autres cultures, de se créer leur propre réseau à l'international. C'est fondamental pour la suite.

Des profils-types côté étudiants ?

Nos formations amènent à des métiers précis, autour de l'expertise- comptable ou du commerce à l'international, sans jamais se départir de cette logique de double compétence qui ouvre à bien d'autres mondes. Tous viennent d'horizons différents, mais avec un niveau avéré, et c'est une véritable richesse. Nos formations peuvent intéresser tous ceux qui ont déjà validé un cursus, et qui vont trouver à l'IAE de l'enrichissement mutuel, des points de vue différents qui engendrent la confrontation d'idées.

L'international, sa touche personnelle

Pour Nadine Tournois, la question ne se pose même pas. Si le monde n'est pas global, la consommation, elle, l'est assurément. Comment faire pour travailler à l'international ? Une obligation pour les entreprises aujourd'hui, surtout sur les marchés saturés. Pour la directrice de l'IAE de Nice, "tout est dans la maîtrise, qu'il s'agisse de logiciels ou de l'anglais dans ses bases commerciales. Ce que je souhaite, c'est que toutes nos formations deviennent encore plus internationales, avec des cours et des professeurs venus d'ailleurs, et en anglais bien sûr." Un melting pot de cultures, d'expériences, d'enseignements qui favorise aussi les partenariats, de l'Université à l'EDHEC, sur des formations, des projets de recherche, des événements. "Nous sommes assez complémentaires,même si le business model est différent. S'il y a concurrence, il y a aussi combinaisons de cursus. Et puis, nos taux d'insertion en fin d'études sont les mêmes, alors, tout va bien!" Cap donc sur la finance d'entreprise, l'international, et même la gestion de patrimoine, "avec pour chaque Master un module d'initiation à la recherche, un ancrage systématique, où là-encore les partenariats avec l'UNS ou l'EDHEC sont nombreux." Son Conseil d'administration composé d'enseignants-cherc heur s , d ' ét u d i a n t s , d e collectivités/institutions, d'associations emblématiques (banques ou Ordre des experts-comptables) et d'une belle part d'entreprises, de Malongo à Cari, est dirigé par un prestigieux ancien, Anis Nassif, président depuis une dizaine d'années et visiblement impliqué. "Une véritable richesse pour nous, il connaît bien la machine IAE, il connaît bien la machine universitaire aussi. Et il connaît surtout à fond l'entreprise, et ça, c'est fondamental."

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BIO EXPRESS

Nadine Tournois est une transfuge du monde industriel. Elle fait ses armes chez Texas Instruments et IBM, et se découvre une prédilection pour le domaine de la formation à la faveur d'un nouveau logiciel qu'elle présente à de futurs utilisateurs. Une vocation se forge. Elle avait découvert l'IAE dès 1978, année-charnière où elle planche sur une thèse (publiée) sur le marketing bancaire et les nouvelles technologies. En 1981, alors qu'elle officie toujours pour IBM, elle passe avec succès son doctorat. Passage par l'IUT où elle fut présidente de la section Gestion et directrice de département, c'est en 2013 qu'elle accède à la direction de l'IAE de Nice, après avoir oeuvré en qualité de vice-présidente du Conseil d'administration de l'UNS ou vice-recteur ("avec l'envie d'apporter des choses, de former des jeunes à des jobs qui ouvrent de belles carrières")

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Source : Isabelle Auzias, Tribune Bulletin Côte d'Azur, www.tribuca.net