La plateforme fragilité : un partenariat entre le CHU de Nice & le LAMHESS

05-02-2020

Au CHU de Nice, 6 millions d'euros sont investis afin "d'inventer, ensemble, le futur de la santé et le modèle du bien vieillir". L'enjeu est particulièrement crucial dans cette ville où un tiers de la population a plus de 60 ans.

Le CHU de Nice (Alpes-de-Haute-Provence) annonce l'investissement de 6 millions d'euros (M€), dont 50% financés par le CHU, dans un projet pour le bien vieillir. Le projet possède trois axes. Premièrement, il s'agit de " mieux anticiper pour éviter l'hospitalisation le plus longtemps possible et ralentir le passage à la dépendance", expose Charles Guépratte, directeur général de l'établissement, dans un éditorial. Deuxièmement, " mieux soigner en affinant les diagnostics notamment grâce à l'intelligence artificielle " . Enfin, " mieux suivre en assurant au patient un continuum de prise en charge après son départ de l'hôpital ". Selon lui, ce projet " montre le caractère pionnier de [leur] CHU en matière de bien vieillir et sa capacité à fédérer les plus grands acteurs du monde de la santé, convaincus par la force de cette initiative et son utilité sociale ".

Le CHU met par ailleurs en avant sa consultation fragilité qui " a pour but de retarder le processus d'entrée dans la dépendance des personnes âgées fragiles de plus de 65 ans ", décrit le dossier de presse. Concrètement, les patients effectuent un bilan clinique puis une évaluation fonctionnelle sur la plateforme fragilité. Ils bénéficient ensuite d'une prise en charge personnalisée en activité physique adaptée (Apa) et nutrition. Selon Frédéric Chorin, responsable scientifique de la plateforme, " l'idée [...], c'est surtout de faire de la prévention ". Il raconte : " Lorsque nous avons été créés, en 2013, l'idée était surtout de faire du soin, ce que nous faisons toujours. Mais nous nous sommes rendu compte que faire de la prévention c'était mieux. Maintenant, nous faisons bénéficier de cette plateforme à des gens de l'extérieur au travers d'un programme de recherche, qui nous donne un modèle du bien vieillir. " Multipartenariat La particularité de la plateforme est d'être soutenue par une unité de recherche, le laboratoire motricité humaine, expertise, sport, santé (Lamhess). Les deux entités se partagent des " équipements très coûteux mais très performants qui normalement servent à mesurer la performance mais que nous utilisons pour évaluer les capacités fonctionnelles des personnes âgé es". Ainsi, le tapis de marche, les plateformes de forces, les caméras de capture électronique, les électrodes électromyographiques, l'ergomètre isocinétique et l'impédancemère servent à " avoir un bilan fonctionnel très précis des capacités des patients et derrière pouvoir orienter la
prise en charge, de faire de l'optimisation thérapeutique ".

En plus de l'axe soin et de l'axe recherche, la plateforme fragilité possède un axe innovation. En effet, le dispositif permet à quelques start-up de tester leurs solutions à destination des personnes en perte d'autonomie. À l'heure actuelle, le groupe n'est pas en collaboration avec des structures médico-sociales.

En effet, ils sont " dans le mieux anticiper et par définition, quand on est en Ehpad, c'est un peu trop tard", considère Frédéric Chorin. En revanche, la plateforme chercher à s'ouvrir sur le territoire, " le CHU n'a pas vocation à garder les personnes, [ils] les renvoient vers des programmes passerelles pour inciter les personnes à faire de l'activité physique ". En outre, " dans le cadre de l'innovation, nous essayons de transposer ces machines onéreuses via des applications smartphones, et de faire en sorte que ce soit déployable en ville ".

Source : www.hospimedia.fr

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