Articles et comptes-rendus du Séminaire SHS en santé publique

Le Laboratoire Interdisciplinaire Récits, Cultures et Sociétés organisait en 2018 un Séminaire en Sciences Humaines et Sociales en Santé Publique. A cette occasion, les doctorant.es du LIRCES étaient invités à présenter leurs travaux par le biais d'une communication d'une vingtaine de minutes. Cet événement pluridisciplinaire permet de valoriser et de diffuser les travaux scientifiques des chercheur.ses du LIRCES. Les membres du laboratoire ayant participé à ce séminaire font état ci-dessous de leur communication sous formes d'articles et de comptes-rendus.

BITAR Mariane, Docteure en langue, littérature et civilisation française, membre de l'Université Côte d'Azur, LIRCES, France, publié le 13 avril 2019.

La création littéraire et la récréation de soi.

Résumé : À l’ère où florissent les modalités de l'art thérapie ayant montré son succès et son efficacité comme procédé d'expression visant à l'amélioration psychologique, nous postulons que toute stimulation créative est bénéfique et mène la personne à un dépassement de soi et à un développement de la personnalité. De ce fait, nous nous interrogerons sur la création littéraire, ses motifs et ses conséquences sur l’auteur(e), tout en s'intéressant à l’écriture dans l’art-thérapie, que nous considérons comme l’art de communiquer et d’exprimer le plus profond de son être. Nous essayerons par ailleurs de répondre à une question majeure : est-ce que la création et la narration ont un rôle dans le développement des aptitudes individuelles et sociales des communautés ? Afin de répondre à cette question, nous partirons de nos études précédentes sur les romans d’un écrivain niçois, Didier Van Cauwelaert, qui, poussé par la curiosité, essayait de comprendre certaines guérisons inexpliquées ou de les mettre en scène.

YAHIAOUI Guglielmo, Psychologue Clinicien, Doctorant en psychologie, LIRCES, membre de l'Université Côte d'Azur & LCPI Université Toulouse Jean-Jaurès, France, publié le 13 avril 2019. 

Adolescents ou protection de l'enfance, du bonheur promis au bonheur contraint ? Une institution qui n'instituerait plus.

Résumé : Dans le cadre de notre travail de recherche auprès de jeunes suivis en protection de l’enfance, nous nous intéressons à la question des solutions subjectives pour trouver à se loger dans le lien social contemporain. A partir de notre recherche clinique et de l’étude des textes fondateurs de ce champ, nous proposerons l’hypothèse selon laquelle nous serions passés d’une logique institutionnelle de promesse de bonheur à celle d’une contrainte de bonheur et de son corollaire l’exclusion. Nous proposerons aussi l’hypothèse selon laquelle ce champ de la protection de l’enfance contenait en germes, à sa création-même, cette dimension de contrainte et sa dimension d’exclusion. Ainsi, dans ce cas, et contrairement à ce qui serait avancé par les institutions, les conditions de passage de l’état d’enfant à celui d’adulte ne seraient-elles pas totalement laissées à l’unique charge de l’adolescent ?