Une avancée majeure dans la lutte contre l'ostéoporose et les maladies rhumatoïdes

L'équipe "ostéoimmunologie, niches et inflammation" au Laboratoire de PhysioMédecine Moléculaire (LP2M) vient de mettre en évidence une nouvelle fonction des ostéoclastes, cellules spécialisées dans la résorption osseuse, qui revisite le rôle de ces cellules et ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques pour lutter contre les différentes formes d'ostéoporose et les maladies rhumatoïdes.

L'os est soumis à un remodelage permanent qui permet le maintien de l'intégrité de notre squelette. Ce remodelage est un processus très finement régulé qui implique deux types cellulaires, les ostéoblastes qui produisent la matrice osseuse et les ostéoclastes qui la résorbent. Avec l'âge, ou dans le contexte de nombreuses maladies inflammatoires (arthrite, maladie de Crohn, parodontites, psoriasis, etc.) ce remodelage est altéré et la destruction osseuse devient plus importante que sa formation, ce qui conduit au développement d'une ostéoporose, à une perte de masse osseuse, à une augmentation du risque de fracture et une détérioration de la qualité de vie. Les mécanismes responsables sont encore mal compris mais ils impliquent non seulement les cellules osseuses mais également les cellules immunitaires qui entretiennent un état inflammatoire propice à la différenciation des ostéoclastes.

L'équipe "ostéoimmunologie, niches et inflammation" du LP2M (Faculté de Médecine, Nice) s'intéresse depuis de nombreuses années aux interactions entre cellules osseuses et immunitaires. Elle vient de démontrer que les ostéoclastes ont un rôle bien plus important que la simple destruction osseuse et participent au contrôle des réactions inflammatoires. Dans un contexte physiologique normal, ces cellules bloquent l'inflammation ce qui favorise l'équilibre entre formation et résorption osseuse. Par contre, dans un contexte inflammatoire, un nouveau type d'ostéoclastes apparaît qui stimule fortement l'inflammation et déclenche un cercle vicieux entre cette inflammation et une destruction osseuse très sévère. L'équipe a également identifié un marqueur de ces ostéoclastes pathologiques qui permet leur reconnaissance.

Cette avancée a des conséquences majeures pour un meilleur pronostic et le développement de nouveaux traitements pour l'ostéoporose et les maladies rhumatoïdes. L'équipe travaille actuellement à mettre au point des approches thérapeutiques ciblées sur ces ostéoclastes qui permettraient de bloquer la destruction osseuse sans altérer le remodelage osseux physiologique. Ces résultats viennent d'être publiés dans le "Journal of Bone and Mineral Research", la meilleure revue du domaine ostéoarticulaire.

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Ibáñez et al, JBMR 2016