Le statut d'étudiant-entrepreneur fait le plein chez les jeunes

Le nombre de candidats au statut ne cesse d'augmenter. Le dispositif commence à faire des émules à l'international.

Les étudiants français se laissent gagner par l'aventure de la création d'entreprise. C'est ce que laisse penser le bilan du statut d'étudiant-entrepreneur, un dispositif lancé en 2014 pour stimuler le sens de l'entrepreneuriat chez les moins de 28 ans. Cette année, 3.300 d'entre eux se sont déjà portés candidats à l'obtention du statut, contre 1.884 en 2015 et 923 il y a deux ans. Cette année, 2.267 dossiers ont été acceptés, 60 % de plus qu'en 2015.

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Si 60 étudiants-entrepreneurs ont, par exemple, été soutenus en Picardie, c'est à Lyon que la demande est la plus forte. Au point que l'université a dû sélectionner une trentaine de projets seulement l'année dernière, parmi quelque 250 postulants. « On ne peut pas prendre tout le monde ! se désole Khaled Bouabdallah, vice-président de la Conférence des présidents d'université et président de l'université de Lyon. La formation est exigeante et nous devons être en capacité d'apporter un accompagnement à la hauteur. »

Le dispositif, présenté comme unique en Europe, est particulièrement avantageux. Non seulement, il permet aux étudiants de dégager du temps pour tester leur idée, mais surtout, de bénéficier d'avantages, en termes de protection sociale, de réduction pour les transports ou de logement. « L'objectif est bien de sécuriser la démarche grâce à des dispositifs dérogatoires comme pour les sportifs de haut niveau », explique Jean-Pierre Boissin, coordinateur du dispositif via le réseau Pépite. Dans les 29 pôles répartis en France mais aussi outre-mer, les étudiants bénéficient d'un double tutorat, assuré par un membre du monde académique et par un spécialiste de l'entreprise, dirigeant ou conseiller en financement.

« Cet accompagnement m'a permis de m'insérer dans un réseau grâce auquel j'ai décroché mes deux premiers contrats », s'enthousiasme ainsi Camille Dormoy, une étudiante en master 2 de sociologie à l'université de Picardie-Jules-Verne (UPJV). Celle qui teste, depuis un an, une activité en consulting figure parmi les rares femmes à avoir franchi le pas. L'originalité du statut ne suffit pas à compenser le déséquilibre entre les sexes en matière de création. Selon les estimations de Jean-Pierre Boissin, 70 % des projets restent portés par des hommes. Quoi qu'il en soit, pour le coordinateur de Pépite, le succès du statut prouve que les temps changent. L'économie numérique a poussé le monde académique - longtemps imperméable à la question de la création - à faire preuve de plus de souplesse et d'agilité. « Sur Internet, le premier sur le marché est souvent celui qui gagne. Impossible de demander à un jeune, élevé dans un monde globalisé, de reporter son projet de plusieurs années », analyse Jean-Pierre Boissin