Biographie

Docteur en biologie animale et physiologie cellulaire, directeur de recherche au CNRS, Éric Honoré est à la tête de l’équipe « Physiopathologie rénovasculaire » à l’Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire, à Valbonne. Les nombreux prix qu’il a déjà reçus témoignent de la portée de ses travaux. Il faut citer notamment le Prix Jansen de l’Académie nationale de médecine en 2006, le Prix « Jean Valade » de la Fondation de France en 2007 ou encore le Prix Dr. Edouard Delcroix de l’Institut flamand de la mer, en 2010.

Depuis le début de sa carrière, Éric Honoré se consacre à l’étude des canaux ioniques. Ces protéines, insérées dans la membrane des cellules ou dans celle des organites cellulaires, modulent les flux d’ions entre la cellule et le milieu extérieur ou entre les différents compartiments cellulaires. Doctorant à l’Université de Lille, le chercheur étudie le rôle de certains de ces canaux dans les troubles du rythme cardiaque. Il rejoint en 1989 l’Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire, fondé et dirigé par le professeur Michel Lazdunski, figure mondiale des canaux ioniques et intègre le CNRS en 1991. Il découvre que la tension de la membrane cellulaire module l’activité de certains canaux.

Depuis 2005, son groupe se penche sur la polykystose rénale de l’adulte. Cette maladie génétique, aujourd’hui incurable, est la plus fréquente des pathologies héréditaires, touchant quelque 60 000 personnes en France. Outre le développement de nombreux kystes dans le rein et l’insuffisance rénale qui en résulte, elle se caractérise par une fragilité vasculaire qui conduit à des accidents vasculaires cérébraux. En élucidant la fonction des protéines mutées dans la maladie, les polycystines, l’équipe d’Éric Honoré vient de franchir un pas important dans la compréhension de sa physiopathologie : les polycystines régulent un canal ionique qui détecte la pression exercée sur la cellule. En cas d’anomalie, le tonus vasculaire est affecté. En décortiquant les mécanismes moléculaires au cœur de ce baromètre cellulaire, le chercheur progresse pour, à terme, proposer une stratégie thérapeutique dans la polykystose rénale de l’adulte.