Projet 7 : Altérités, identités, politisation

Porteurs de projet

Laboratoires et/ou équipes UNS concernés

Partenaires

  • Université La Sapienza
  • Université de Bologne
  • Université de Raboud, Nijmegen (Pays-Bas)

Personnes réellement impliquées (effectif global + détail nom, statut, laboratoire) : 9

  • Lucie BARGEL, ERMES
  • Laura GIRAUD, doctorante, ERMES
  • Marie-Ange GREGORY, doctorante, ERMES
  • Gilles IVALDI, URMIS
  • Soline LAPLANCHE-SERVIGNE, ERMES
  • Anne-Sophie PETITFILS, docteure, ERMES
  • Christine PINA, ERMES
  • Christophe ROUX, ERMES
  • Daniela TRUCCO, doctorante, ERMES

Objectifs

Le contexte de mondialisation avive les questionnements liés aux identités et, indissociablement, à l’appréhension de l’altérité. Ce constat général étend sa portée au champ politique et le présent projet vise à rendre compte des dynamiques qui en sont les manifestations empiriquement observables. A l’intersection de la science politique et de la sociologie, mais sans exclure de possibles élargissements disciplinaires ultérieurs, ce projet vise à rendre compte des modalités pratiques de la problématisation et de la gestion politiques de l’altérité.

Il entend le faire en les investiguant à des échelles variées, partant de terrains bien délimités et d’accès facilité, y compris pour les jeunes chercheurs, comme le sud-est de la France, pour aller vers une perspective internationale élargie dans le cadre de projets comparatifs européens embrassant des niveaux d’analyse territorialement plus ambitieux.

Ce projet est décliné en 2 parties :

- Altérités et identités partisanes : Observatoire socio-politique du Sud de la France

Cet axe s’intéresse d’une part aux déclinaisons électorales de l’altérité politique et sociale – thématiques de campagne, poids des partis d’extrême-droite, composition sociologique des assemblées élues... La cristallisation du vote FN notamment dans le grand pourtour méditerranéen offre un champ de recherche particulièrement fécond à cette déclinaison locale des problématiques de l’identité et de l’altérité politisées. D’autre part, le projet fera le lien entre ces mobilisations électorales et les mobilisations sociales autour de questions d’altérité, qu’elles soient structurées par des rapports sociaux de classe, de sexe, de race ou d’âge – en étudiant notamment les « porte-parole », les entrepreneurs de mobilisation, la construction des identités subjectives par les mobilisations, etc.

Le projet tire profit des travaux précédemment menés par une équipe du laboratoire ERMES sur les élections en région PACA, depuis 2010, et pourra prolonger les partenariats ainsi noués, tant avec d’autres Université avec des institutions locales. Pour l’année 2014-15, des séances de séminaire organisées conjointement par l’ERMES et l’URMIS ont pour but d’entamer le croisement des regards disciplinaires et thématiques propre à ce projet, afin d’aboutir à des protocoles de recherche et d’analyse communs.

A l’occasion des élections régionales de 2015, un travail a été réalisé par Christine Pina et Gilles Ivaldi sur les enseignements du scrutin en région PACA, pour la Revue politique et parlementaire. Cette collaboration devrait se poursuivre pour un article à soumettre dans la revue Pôle Sud.

Pour l'année 2015-2016, l'équipe des politistes de l'ERMES, en partenariat avec des collègues de l'Université d'Avignon et des pays du Vaucluse, a mené une opération de recueil de données sur un bureau de vote de Nice (bureau 506) lors du 1er tour des élections régionales (6 décembre 2015). Le matériau récolté est composé des réponses des électeurs volontaires à un "questionnaire sortie des urnes", des notes d'observations sur la journée de vote et des listes d'émargement recueillies pour ce bureau. L'opération a mobilisé cinq enseignantes-chercheures de l'ERMES et tous les étudiants du département (de la L3 au M2).

Par ailleurs, les sujets de mémoires (M1 et M2 recherche) et de diagnostics soumis aux étudiants en 2015-2016 ont porté sur les élections et la réforme régionales. Une partie des travaux réalisés par les étudiants et les enseignantes-chercheures donnera lieu à restitution lors d'une journée d'étude organisée en juin 2016

-    Politisation des identités et de l’altérité

Cet axe propose d’interroger les processus de politisation des identités et de l’altérité, non seulement au niveau local et national, mais également en proposant des travaux qui prennent l’Europe comme terrain d’investigation et d’interrogation. Le projet souhaite tout d’abord interroger la manière dont les acteurs et institutions intervenant dans la sphère publique (partis politiques, syndicats, élus, Églises ou religion…) mais également les groupes sociaux participent à la construction de l’altérité (religieuse, politique, nationale, ethnique, culturelle, etc.) comme « problème » et ainsi font des identités et de l’altérité des enjeux et/ou des ressources de mobilisations et de participation politiques, en France et en Europe. Ensuite, en mobilisant cette fois-ci l’entrée socio-historique, il s’agira d’envisager comment cette politisation a pu être activée à des moments différents de la construction des territoires politiques. Les recherches sur les partis de droite populiste qui activent l’identité nationale en l’opposant aux sources d’altérité principalement identifiées dans l’immigration, les partis nationalistes régionaux qui promeuvent l’identité régionale en présentant leur Etat-nation de tutelle comme une source d’altérité illustreront partie de ces préoccupations. Les recherches en cours interrogent en particulier l’impact de ce type d’acteurs sur les systèmes partisans dans lesquels ils s’insèrent : impact politique sur l’espace du débat public et influence directe sur l’orientation des politiques d’immigration et d’intégration tant nationales qu’européennes.

Dans le cadre de cette collaboration renforcée entres les équipes d’ERMES et de l’URMIS, une conférence a été organisée le 13 juin 2014 autour des résultats élections européennes des 22-25 mai 2014. Ces élections ont représenté un moment décisif pour une Union européenne en crise, traversée par une vague de scepticisme, sur fond d’insatisfaction face aux politiques d’austérité et sous la menace croissante de mouvements eurosceptiques et populistes. A l’occasion de cette conférence, Christine Pina, Natalia Timus[1] et Gilles Ivaldi ont analysé les résultats et principaux enseignements du scrutin en France et dans les autres Etats membres de l’UE, au regard de la participation, des nouveaux rapports de forces européens et de la réalité hétérogène du phénomène populiste pan-européen et de l’impact des formations radicales sur les nouveaux équilibres politiques au sein de l’UE.

[1] Researcher at Maastricht Graduate School of Governance, Maastricht University, Adjunct Professor, Sciences Po. Paris, Campus Menton.

Une collaboration étroite s’est établie également entre Gilles Ivaldi (URMIS) et Maria Elisabetta Lanzone, Ph.D., Université de Pavia (Italie) et Chercheur Associé au Laboratoire ERMES, autour des partis populistes en Europe. Ce travail conjoint a d’ores-et-déjà donné lieu à plusieurs travaux :

  • Ivaldi, Gilles, Lanzone, Maria Elisabetta and Sozzi, Fabio (2016) “Eurosceptic Parties and the EU: MEPs’ attitudes in the roll-call votes. A cross-country analysis (Italy, France and UK)”, Paper delivered to the Political Studies Association (PSA) Conference, 21-23 March, Hilton Brighton Metropole, Brighton
  • Ivaldi, Gilles, Lanzone, Maria Elisabetta (2016) « De l’usage politique du peuple ‘Padano’ : la construction d’identité dans le cas de la Ligue du Nord, communication au colloque « Le peuple : théories, discours et représentations », Maison de la Recherche, Aix-en-Provence, 10-12 mars
  • Ivaldi, Gilles and Lanzone, Maria Elisabetta (2016) “From Jean-Marie to Marine Le Pen: organizational change and adaptation in the French Front National” in Reinhard Heinisch and Oscar Mazzoleni (eds) Understanding populist party organization: a comparative analysis, Palgrave, forthcoming

Depuis avril 2016, Gilles Ivaldi est coordinateur pour la France du programme de recherche international Open Reseach Area in the Social Sciences (ORA), Sub-national context and radical right support in Europe (SCoRE) / Contextes Infra-Nationaux et vote de droite radicale en Europe.

Co-financé par l’ANR (France), DFG (Allemagne), ESRC (Royaume-Uni) et NWO (Pays-Bas), pour une période de trois ans (2016-2018), le projet est porté en France par l’URMIS en partenariat avec l’Université de Mainz (Allemagne), l’Université de Leeds (UK) et l’Université d’Amsterdam (Pays-Bas)

Equipe scientifique :

Arzheimer, Kai

University of Mainz (JGU)

Principal investigator

arzheimer@politik.uni-mainz.de

De Lange, Sarah

University of Amsterdam

 

s.l.delange@uva.nl

Evans, Jocelyn

University of Leeds

Principal investigator

j.a.j.evans@leeds.ac.uk

Gould, Myles

University of Leeds

 

m.i.gould@leeds.ac.uk>

Ivaldi, Gilles

CNRS-University of Nice

Principal investigator

gilles.ivaldi@unice.fr

Norman, Paul

University of Leeds

 

p.d.norman@leeds.ac.uk

Van der Brug, Wouter

University of Amsterdam

Principal investigator

w.vanderbrug@uva.nl

Van der Meer, Tom

University of Amsterdam

 

t.w.g.vandermeer@uva.nl

La recherche comparative sur le vote en faveur des partis de droite radicale demeure centrée pour l’essentiel sur des indicateurs nationaux agrégés et sur l’analyse des motivations individuelles pour la construction de modèles explicatifs du soutien électoral à ce type d’acteurs partisans. Un petit nombre de travaux, basés sur des études de cas, utilise des modèles infra-nationaux pour s’intéresser aux variations observables à l’intérieur d’un même espace national, mais il n’existe à ce jour pratiquement aucune recherche comparée formalisant le rôle des contextes meso dans le soutien aux forces de droite radicale à travers l’espace européen. Ce projet comparatif propose une approche interdisciplinaire réunissant politologues, sociologues et géographes pour la construction d’un modèle analytique multi-niveaux dans quatre pays clés (France, Allemagne, Pays-Bas et Royaume-Uni). Ces pays fournissent une diversité de contextes institutionnels, infrastructurels, socio-économiques et attitudinaux propres à éclairer l’analyse et l’explication du phénomène.

Ce projet de trois ans s’attachera dans une première phase à collecter l’ensemble des données secondaires, politiques et socio-économiques, disponibles auprès des organismes officiels pour construire une base de données longitudinale, comparative, élaborée à divers niveaux d’agrégation territoriale. En second lieu, le projet prendra appui sur ces données agrégées aux niveaux macro et meso pour la conduite d’une enquête par questionnaire standardisé auprès d’échantillons larges dans chacun des quatre pays, qui permettra le recueil et l’actualisation d’un ensemble d’indicateurs socio-démographiques, attitudinaux et comportementaux au niveau individuel. Enfin, ces deux bases de données seront combinées au sein d’un même modèle complet d’effets mixtes, qui permettra d’identifier les contributions respectives des données de contexte et des attributs individuels à l’explication du soutien aux partis de droite radicale en Europe. Les résultats permettront une compréhension, à un niveau de précision sans commune mesure avec les travaux existants, de ces déterminants, offrant une opportunité majeure d’avancer la connaissance du phénomène, tant d’un point de vue scientifique et théorique, qu’à destination des forces sociales, décideurs politiques et acteurs économiques au sein de l’espace public européen.

Financements externes (ANR, Région, Europe...)

Financement de la région PACA obtenu par ERMES, en partenariat avec l’Université d’Avignon, d’Aix-Marseille et l’IEP d’Aix (2010-14) : 50 000€

Financement ANR/ORA Projet SCoRE obtenu par l’URMIS : 354 994€ pour la période 2016-2018.

Manifestations scientifiques