Projet 1 : Mobilités, frontières et co-développement en Méditerranée

Porteurs de projet

Laboratoires et/ou équipes UNS concernés

Partenaires

  • Université de Sousse : programme IRD-DeRCIT, Développement Régional et Coopération Internationale en Tunisie
  • Université Cadi Ayyad de Marrakech, Maroc. Accord cadre entre les universités pour favoriser les échanges sur les questions de migrations et dynamiques sociales et spatiales
  • Aix-Marseille Université LabexMed programme TRAMED sur les questions du travail dans l’espace Méditerranée.
  • Université de Poitiers programme CIrculations, MObilités et espace RElationnel des Migrants en Méditerranée ; ACI CIMORE
  • Université de Tunis (Institut supérieur des études appliquées en humanités)
  • Université de Palerme. Programme de recherche international italien FIRB 2012 (Futuro In Ricerca) portant sur : Frontiere marittime nel Mediterraneo : quale permeabilità? Scambi, controllo, respingimenti (XVI-XXI secolo) (dir. Valentina Favarò).

Personnes réellement impliquées (effectif global + détail nom, statut, laboratoire) : 8

Objectifs

Espace médian, la Méditerranée est perçue tantôt comme un carrefour de circulation des biens, des idées et des personnes, tantôt comme un espace de frontière séparant des civilisations qui, par delà les contacts, restent très contrastées. Aux phénomènes de métissages, de médiations et de mobilités licites ou clandestines s’opposent des rivalités politiques et religieuses fondatrices de représentations de l’Autre. C’est à l’ensemble de ces relations que ce projet s’intéressera. La Méditerranée n’y sera pas seulement perçue comme une frontière séparant une rive nord d’une rive sud mais comme un système social, politique, religieux et culturel complexe, composé de rivages, d’îles et de nations, qui s’est construit dans le temps long et se réinterroge au quotidien dans de multiples espaces.

On s’intéressera tant aux activités des institutions qu’à celles des individus ou des acteurs intermédiaires dans les situations de collaborations mais aussi lorsque s’expriment des processus d’altérisation. La notion de développement sera questionnée dans une conjoncture où les crises économiques des pays d’Europe et les « révolutions arabes » ré-agencent une partie des échanges et rappellent que les pratiques transnationales sont toujours susceptibles d’évoluer.

Ces objectifs généraux se traduiront par la mise en place de plusieurs actions :

  • Organisation d’un séminaire interne sur la notion de développement dans le cadre des rapports Nord-Sud
  • Organisation d’une journée d’étude sur la coopération internationale en Tunisie
  • Mise en place d’un Institut d’anthropologie à l’Université de Sousse (Tunisie)
  • Soumission d’un projet ANR sur La variabilité des formes migratoires et de mise au travail dans l’espace méditerranéen (2015)

Financements externes (ANR, Région, Europe...)

  • Contrat Emploi Jeunes Doctorants PACA 2014-2017 (Giulia Breda) : « Interroger le développement par la migration temporaire dans l’agriculture : le cas des Maghrébins en région PACA »
  • Contrat doctoral 2013 (Aurore Mottet) : « Franchir le seuil : les réfugiés entre réinstallation en Europe et installation dans la marge (Maroc, Tunisie)
  • Ce projet a bénéficié d'un financement CSI en 2016.

Manifestations scientifiques

Séminaire annuel 2015-16

  • Février 2015 : Giulia Breda, doctorante en sociologie à l’URMIS, Les notions de développement et co-développement liées aux migrations en Méditerranée.
  • 13 novembre à 14h : Melissa Blanchard, post-doctorante, IDEMEC, MMSH Aix-en-Provence, Les migrations de retours en Italie et le développement local, discutante : Francesca Sirna.
  • 29 janvier 2016 à 14h : Perrine Dumas, maîtresse de conférences en droit public, université de Corse, UMR LISA, La composante « mobilité » dans la politique européenne de voisinage.

17-19 novembre 2016 Colloque "Mobilités, surveillance, assistance en Méditerranée occidentale (XVIe-XXIe siècles)"

Dans le cadre des activités de la MSHS-SE (axe 3 L’Europe et ses Autres) et de l’axe interdisciplinaire Altérités et mondialisation de l’UNS, les laboratoires URMIS – CMMC – ERMES lancent un appel à communication pour le colloque "Mobilités, surveillance, assistance en Méditerranée occidentale (XVIe-XXIe siècles)", organisé à l’université Nice Sophia Antipolis, et à la MSHS, du 17 au 19 novembre 2016.

Présentation :

Le contrôle du territoire et des hommes qui y circulent constitue la réalité très actuelle des rivages de la Méditerranée occidentale. Depuis longtemps, ces espaces cosmopolites et très attractifs (commerce, tourisme, industrie…) sont caractérisés par le contact constant entre altérités qui favorisent aussi bien les attractions et les circulations de populations que les redéfinitions et les crispations identitaires. L’heure de la globalisation n’empêche pas certains espaces d’afficher aujourd’hui avec force, parfois avec violence, leur particularité, où la religion et les pouvoirs politiques constituent un puissant instrument de définition et d’encadrement des sociétés, un marqueur incontournable des identités.

Appel à communication :

Le contrôle du territoire et des hommes qui y circulent constitue la réalité très actuelle des rivages de la Méditerranée occidentale. Depuis longtemps, ces espaces cosmopolites et très attractifs (commerce, tourisme, industrie…) sont caractérisés par le contact constant entre altérités qui favorisent aussi bien les attractions et les circulations de populations que les redéfinitions et les crispations identitaires. L’heure de la globalisation n’empêche pas certains espaces d’afficher aujourd’hui avec force, parfois avec violence, leur particularité, où la religion et les pouvoirs politiques constituent un puissant instrument de définition et d’encadrement des sociétés, un marqueur incontournable des identités. Parmi ces espaces où resurgissent les antagonismes sans empêcher les échanges et les mobilités humaines, les rivages de la Méditerranée occidentale offrent un cadre pertinent d’étude des sociétés littorales dans le temps long, des mobilités et des différentes formes d’acceptation, d’assistance, d’encadrement ou de refus de ces mobilités, considérées par les autorités et les individus comme une source à la fois de richesses et de dangers (identitaires, économiques, sociaux…).

L’approche interdisciplinaire (Histoire, Sociologie, Science politique, Droit, Anthropologie…) développée lors du colloque se décline en trois axes :

1. Mobilités et solidarités socio-économiques.
Ce premier axe privilégiera l’étude des réseaux migrants officiels ou informels, le fonctionnement de ces réseaux et les solidarités socio-économiques qui encadrent les migrations temporaires ou durables dans le pays de départ comme dans celui d’arrivée. On abordera la migration comme une forme d’investissement dont on attend un retour dans la société d’origine. Cette perspective considèrera aussi bien les logiques à l’œuvre au niveau des individus (familles, communautés, etc.) qu’au niveau des Etats (Accords migratoires, partenariats pour la mobilité, etc.). Au-delà, la participation des migrants à la vie socio-économique de la rive sud sera interrogée, notamment dans le cadre d’une réflexion sur la notion de développement telle qu’appliquée aux mobilités.

2. Mobilités et solidarités religieuses.
Un deuxième volet ciblera les formes d’assistance visant à encadrer les circulations humaines et les sociétés littorales. Seront analysées les solidarités religieuses des migrants (pastorale des migrants), ainsi que toutes celles qui relèvent des organisations urbaines et qui visent à encadrer et assister les pauvres et nouveaux-venus (confréries, réseaux d’assistance aux pauvres et marginaux, associations d’aide aux défavorisés, aux étrangers en situation régulière ou irrégulière, assistance aux nouvelles générations…). Les mobilités de populations et l’importance des flux migratoires soulèvent en autres des questions de santé publique dans les espaces urbains de la Méditerranée, auxquels on répond par l’établissement de cordons sanitaires, de soins aux malades et de protections contre les éventuelles menaces épidémiques (lazarets, politiques de vaccinations…).

3. Mobilités et contrôle institutionnel.
Un dernier axe s’attachera à cerner les formes d’encadrement des mobilités humaines et des sociétés littorales. À l’époque moderne, cet encadrement est essentiellement religieux (clergé, Saint-Office), visant à éduquer, discipliner les comportements et à empêcher toutes formes de déviances religieuses (hérésies, apostasies…). Par la suite, les autorités laïques s’investissent à leur tour dans le contrôle social par l’imposition d’autorisations de circulation et de résidence (papiers d’identité) et par une police toujours plus efficace à partir du XVIIIe siècle qui contribue à définir ceux qui relèvent de la société et ceux qui lui sont étrangers. Cette surveillance policière apparaît de nos jours encore accrue le long des rivages occidentaux, où s’intensifient les présences policières et militaires et où se constituent des camps où sont parqués les migrants.

Les communications pourront porter sur un seul des axes proposés ou bien croiser les différentes problématiques.

Modalités de soumission

 Les propositions de communication sont à envoyer à colloque-mobmed@unice.fr avant le 1er mai 2016.
 Les décisions d’acceptation seront communiquées aux intervenants au cours du mois de juin 2016.
 Les textes complets des interventions seront à envoyer au plus tard le 30 septembre 2016.
 Certains textes seront sélectionnés en vue d’une publication.
 Les intervenants pourront bénéficier d’une prise en charge de leurs frais d’hébergement, le déplacement restant à la charge de leur institution d’appartenance.

Comité Scientifique

  • Anne Brogini, CMMC
  • Maria Ghazali, CMMC
  • Swanie Potot, URMIS
  • Francesca Sirna, URMIS
  • Marc Ortolani, ERMES
  • Christine Pina, ERMES