Projet 4 : Mots des Lumières

Porteurs de projet

  • Pierre-Yves BEAUREPAIRE (PR, histoire moderne, IUF) (CMMC)

Laboratoires et/ou équipes UNS concernés

Partenaires

  • Institut de Recherche sur la Renaissance, l'Age Classique et les Lumières (UMR 5186, Montpellier 3) ;
  • MSH de Montpellier ;
  • Académie des sciences de Finlande ;
  • Cercle inter-universitaire d'étude sur la République des Lettres de l’Universalité Laval (Canada).

Personnes réellement impliquées (effectif global + détail nom, statut, laboratoire) : 9

  • Richard ARENA (PR), GREDEG
  • Pierre-Yves BEAUREPAIRE (PR), CMMC
  • Héloïse HERMANT (MCF), CMMC
  • Matthieu MAGNE (agrégé d'histoire, contrat doctoral), CMMC
  • Pierre-Yves QUIVIGER (PR), CRHI
  • Franck SALAÜN (Université Paul Valéry, Montpellier 3, UMR 5186 IRCL, MCF HDR),
  • Laurent TURCOT (UQAM, CIERL U. Laval, PR),
  • Marie VILLION (capes de documentation, doctorante), CMMC
  • Charlotta WOLFF (Académie des sciences de Finlande, à la MSH de Nice à l’automne 2015),

Objectifs

Présentation générale :

Dans une perspective pluridisciplinaire d’étude de la complexité des Lumières, des enseignants-chercheurs de l’UNS (notamment du CMMC et du LIRCES), de l'Institut de Recherche sur la Renaissance, l'Age Classique et les Lumières (UMR 5186, Montpellier 3) –lui-même interdisciplinaire-, de la MSH de Montpellier, avec comme partenaires étrangers l’Académie des sciences de Finlande (l’UNS accueille à l’automne 2014 le Dr Charlotta Wolff) et le Cercle interuniversitaire d'étude sur la République des Lettres de l’Universalité Laval (Canada) ont choisi d’étudier les « mots des Lumières » à partir d’une part d’une réflexion collective sur ce que le libéralisme des Lumières veut dire et d’autre part sur des expressions concrètes qui interrogent à la fois les dynamiques réformatrices au XVIIIe siècle, les lignes de force qui travaillent la société d’ancien régime, soulignent les ambiguïtés des Lumières, et montrent qu’il est indispensable de penser les changements à l’œuvre à partir d’une chronologie inédite qui dépasse les clivages entre temps modernes et temps contemporains : 1750-1850.  En étudiant l’héritage et la (prétendue ou non) actualité des mots des Lumières, l'enquête pourra d’ailleurs s'étendre jusqu'à nos jours.

Depuis mai 2015, le chantier autour du projet d’établissement d’un Corpus du droit naturel (CoDroNa), animé par Pierre-Yves Quiviger (PR, philosophie du droit, CRHI) a rejoint le chantier Mots des Lumières.

 

Objectifs :

Dans le cadre d’un séminaire thématique, ModeL se propose de mener à bien une étude collective interdisciplinaire et approfondie du libéralisme au XVIIIe siècle, susceptible d’intéresser aussi bien historiens de la culture, que du politique et de l’économie, historiens des idées et littéraires, mais aussi civilisationnistes en raison des circulations intenses et reprises des travaux réputés fondateurs du libéralisme, que les économistes. Le séminaire « Le libéralisme dans tous ses Etats », qui se déroule entre Nice et Montpellier, dans le cadre des 2 MSH mais dans une perspective d’ouverture hors du périmètre de nos MSH respectives, a déjà accueilli deux séances à Nice (le 12 décembre 2014 et le 24 avril 2015).

Par ailleurs, des dossiers plus circonscrits permettront sur des cas concrets d’étudier les mots des Lumières en ce qu’ils révèlent les tensions et les dynamiques à l’œuvre tant dans le champ des idées que dans le champ du social et du politique. Citons en deux :

* « Ces équitables inégalités vont disparaître » (Pierre Jouhaud, Du système métrique dans son application aux relais de poste et aux tarifs légalement fixés (1838) –mémoire au service de la défense des maîtres de poste).

Ces « équitables inégalités », qui renvoient à l’Éthique à Nicomaque, rencontrent auprès du lecteur d’aujourd’hui un écho tout particulier, alors que l’on débat des vertus/travers de la discrimination positive comme des bienfaits/méfaits de la globalisation, de la normalisation des territoires, de l’utilité de maintenir des services publics –de la Poste aux maternités– dans des territoires ruraux ou industriels désertés. Elles s’intègrent aussi au vaste débat qui se noue autour de l’égalité et de l’opposition entre égalité arithmétique et (in)égalité proportionnelle, promis à un bel avenir au cours des révolutions des années 1770-1840 à travers l’Europe et l’espace atlantique.

On trouve des défenseurs  des « équitables inégalités » non seulement dans toutes les strates d’une société des Lumières qui est fondamentalement une société d’ancien régime, c’est-à-dire une société d’ordres définis par des privilèges, des libertés et des statuts spécifiques –ou par leur absence– mais dans tous les domaines : aussi bien dans le champ juridique et constitutionnel que dans le champ fiscal.

Les promoteurs d’une lecture « géométrique », pour reprendre le vocabulaire du temps, c’est-à-dire mathématique, insistent quant à eux sur les vertus d’une approche rationnelle, distanciée et uniformisatrice de l’espace. Ils inscrivent leur action d’aménagement et de désenclavement du territoire dans un processus plus large de modernisation de l’Etat. On retrouve parmi eux les corps et les figures des Lumières techniciennes comme ceux des Ponts et Chaussées. Dans leur sillage, c’est à la fois la figure de l’ingénieur et sa capacité d’invention de vecteurs et de performances nouvelles qui est promue, mais aussi la notion d’expertise. L’ingénieur expert, désintéressé des enjeux de pouvoir locaux, travaille pour le bien commun au décloisonnement à l’unification de l’espace, et donc à la circulation des Lumières. Significativement, ingénieurs et réseaux de transport seront au siècle suivant au cœur des utopies techniciennes portées notamment par les Saint-Simoniens. Une fois encore on s’affranchit ici de la césure obsolète de 1789-1799, c’est bien la période 1750-1850 ­qu’il faut appréhender, pour saisir dans toutes leurs dimensions les profondes transformations qui donnent naissance au monde contemporain et qu’éclaire un siècle de projections/productions utopiques.

Comme du côté des défenseurs des « équitables inégalités », la mathématisation n’est pas seulement à l’œuvre dans l’aménagement de l’espace et la production des territoires. C’est à une véritable révolution statistique, là encore pour reprendre le vocabulaire du temps, que l’on assiste, car l’enjeu est bien de mobiliser les Lumières pour mettre au jour les lois mathématiques qui doivent régir de manière harmonieuse les rapports sociaux et le fonctionnement des institutions. Si Condorcet est très engagé sur ce front, à travers notamment son Essai sur l’application de l’analyse à la probabilité des décisions rendues à la pluralité des lois, c’est de toute l’Europe que des projets à forte dimension utopique –à la fois philosophique et mathématique, car bien évidemment on ne saurait isoler l’une de l’autre– fleurissent et sont diffusés. La réforme de l’Etat rencontre ici l’horizon utopique d’une véritable refondation.

* « Leur politesse protectionnelle devient même pour une âme sensible une sorte d’insulte » (Charles Collé, Journal historique, ou mémoires critiques et littéraires sur les ouvrages dramatiques et sur les événemens…, Paris, Imprimerie Bibliographique, tome III, 1807, juin 1765, p. 195).

Comme l’écrit Charles Collé en des termes très actuels, gens de lettres et artistes ne doivent pas oublier les règles du jeu mondain. La « politesse protectionnelle » et la fiction égalitaire auxquelles consentent les gens bien nés, dans l’espace choisi de la société mondaine des Lumières, ne doivent pas leur donner l’illusion d’une parité vraie. Si l’asymétrie des surfaces positionnelles est temporairement tue, elle n’en est pas moins bien présente en arrière-plan des relations sociales et des échanges symboliques qui s’y nouent. Je voudrais m’intéresser à la manière dont les acteurs de la sociabilité des Lumières, ici un pourvoyeur de divertissements pour la société mondaine, et ceux que l’on nomme aujourd’hui les entrepreneurs de loisirs du XVIIIe siècle et qui visent un public plus large, se sont représentés et ont formulé (notamment dans leurs ego-documents, comme ici chez Charles Collé) les mécaniques sociales à l’œuvre dans la sphère sociable entre 1750 et 1850.

Enfin, le projet d’établissement d’un Corpus du Droit Naturel (CoDroNa), s’inscrit lui-aussi désormais dans le cadre du chantier Model. Les laboratoires et équipes de l’UNS concernés par ce projet sont : BCL, CRHI, ERMES, GREDEG, CMMC et l’axe 3 de la MSHS. Les partenaires extérieurs sont : Institut Michel Villey (Paris 2), Philosophies Contemporaines (Paris 1), Maison Française d’Oxford (CNRS), CESPEC (Université de Turin/Cuneo, Italie), Département de philosophie de l’Université fédérale de Salvador de Bahia (Brésil), Laboratoire Kelsen de l’Université de Salerne (Italie), CREUM (Montréal, UQAM, Canada). Les personnes actuellement impliquées sont : Richard Arena (PR, économie, Nice, GREDEG), Denis Baranger (PR, droit public, Paris 2/IUF, Institut Michel Villey), Christophe Béal (agrégé de philosophie, directeur de programme, Collège international de philosophie), Olivier Beaud (PR, droit public, Paris 2/IUF, IMV), Pierre-Yves Beaurepaire (PR, histoire moderne, Nice/IUF, CMMC), Bruno Bernardi (agrégé de philosophie, directeur de programme, Collège international de philosophie), Michaël Biziou (MCF, philosophie, Nice, CRHI), Mathieu Carpentier (MCF, droit public, Paris 2, IMV), Emmanuelle Chevreau (PR, histoire du droit, Paris 2), Nicolas Cornu-Thénard (PR, histoire du droit, Rennes 1), Karine Deharbe (MCF, histoire du droit, ERMES, Nice), Yann-Arzael Durel-Marc (MCF, histoire du droit, Paris 13),Quentin Epron (MCF, droit public, Paris 2, IMV), Carine Jallamion (PR, histoire du droit, Montpellier), Jean-François Kervégan (PR, philosophie du droit, Paris 1/IUF, PhiCo), Graziano Lingua (PR, philosophie, Turin (Italie), CESPEC), Francesco Mancuso (PR, philosophie du droit, Salerne (Italie), Laboratoire Hans Kelsen), Stéphanie Maccagnan (MCF, histoire du droit, ERMES, Nice), Damon Mayaffre (CR, linguistique/histoire politique, directeur de l’UMR BCL), Frédéric Martin (PR, histoire du droit, Nantes, UMR 6297), Fabrice Micaleff (agrégé d’histoire et docteur en histoire moderne, Paris 1), Juliette Morice (agrégée et docteur en philosophie, Paris 1), Christian Nadeau (PR, philosophie, Montréal (Canada), CREUM), Marc Ortolani, (PR, histoire du droit, Nice, ERMES), Mélanie Plouviez (MCF, philosophie, Nice, CRHI), Pierre-Yves Quiviger (PR, philosophie, Nice, CRHI), Jean Robelin (PR honoraire, Nice), Stéphanie Roza (agrégée et docteur en philosophie), Julie Saada (MCF, philosophie, Artois), François Saint-Bonnet (PR, histoire du droit, Paris 2, IMV), Anne Simonin (DR, histoire, CNRS, directrice de la Maison française d’Oxford), Daniel Tourinho Peres (PR, philosophie, Salvador de Bahia (Brésil)), Céline Roynier (MCF, droit public, Cergy-Pontoise), Alain Wijfells (DR, CNRS, histoire du droit, UMR 5605, Louvain (Belgique).

Dans le contexte de mondialisation des normes et des pratiques juridiques, l’horizon d’un corpus normatif à vocation universelle, comme celui des différentes déclarations des droits de l’homme, encourage à revisiter théoriquement et historiquement la notion de « droit naturel ». D’un point de vue théorique, il importe de savoir dans quels réseaux conceptuels une telle démarche peut s’inscrire, ce qui la motive et ce qui en fait la richesse : pourquoi vouloir que le droit, ou au moins une partie du droit, soit le même partout ? D’un point de vue historique, il convient d’identifier avec précision le lieu de naissance de cette idée, sous sa forme moderne (car on peut évidemment trouver, sinon la formule, au moins l’ambition d’un droit naturel, dans certains textes de l’antiquité), afin de mesurer ce que, dans l’Europe et le monde d’aujourd’hui, on doit à cet héritage.

Le projet CoDroNa  a pour cœur la constitution d’un corpus en ligne du droit naturel moderne le plus complet possible. L'originalité du projet ne tient pas à l’identification des éléments centraux de ce corpus car les grands noms en sont connus (Grotius, Burlamaqui, Pufendorf, etc.) – un  tel projet ne ferait en effet que redoubler, en version électronique, ce qui avait été déjà accompli par Simone Goyard-Fabre, à l’Université de Caen, il y a plusieurs dizaines d’années. Outre la numérisation en mode texte, il s’agit de rendre aisément disponible les textes dans leur langue d’origine, d’en proposer une traduction et surtout de systématiser et d’élargir le corpus. Le systématiser, en allant au-delà des auteurs connus et parfois trop sollicités, afin de mettre en valeur des invariants textuels dans le corpus et de dégager le socle commun au vocabulaire émergent du droit naturel, au-delà des seules « grandes figures ». L’élargir, en mettant à l’épreuve une hypothèse de travail : le droit naturel se développerait au sein de l’élément technique du droit, par identification, par les différents acteurs, d’une série d’arguments transnationaux qui prennent le visage de topoï qui unifient la pensée juridique, par-delà les différences disciplinaires (les différents secteurs du droit positif), nationales et normatives (droit romain, droit coutumier, droit canon, décrets, lois et jurisprudence). La méthode croise ici, mais avec une autre ambition et une autre approche, le type de démarche adoptée par la « Natural Law and Enlightenment Series » de la collection Liberty Fund en ligne dirigée par Knud Haakonssen ou celle des collections systématiques « DRQEdit » et « Juristische Dissertationen des 16.-18. Jahrhunderts aus Universitäten des Alten Reichs » du Max-Planck-Institut für europäische Rechtsgeschichte.

Le projet entend mettre à l'épreuve l'idée que le droit naturel moderne trouve son origine dans la circulation de lieux communs juridiques et de principes fondamentaux, via les échanges qui se développent au sein de ce qu’on a désigné comme une « République des Lettres » à l’époque moderne, dans une période qui conduit de l'humanisme juridique jusqu’à la Révolution française. On peut ainsi identifier un bloc de juridicité commun, en général dispersé dans les préambules et les introductions des ouvrages de doctrine avant de faire l’objet d’ouvrages spécifiques. Pour établir cela, il conviendra d’explorer méthodiquement les ouvrages qui portent la trace de la constitution de ce savoir juridique européen, issu de la circulation des idées et des modèles juridiques. Les sources exploitables pour identifier l’émergence de ce corpus et faire l’inventaire des topoï, sont les manuels et traités de droit, les dissertations juridiques, les commentaires et éditions érudites de recueils de droit ancien, les recueils savants de législation et de jurisprudence étrangères mais aussi, afin d’explorer une culture savante transversale et nourrie d’une culture juridique parfois moins technique et moins exploitée par l’histoire du droit, les traités de rhétorique qui accordent une place décisive aux exemples juridiques (Melanchton, Melchior Cano, etc.) et les méthodes apodémiques (ou arts de voyager) (Zwingler, Pyrckmair, Gruberius, etc.) qui comprennent fréquemment des développements importants sur le droit et le bénéfice que les voyageurs peuvent retirer de la connaissance des législations étrangères et de la fréquentation des juristes (selon une tradition qu’inaugure le livre XII des Lois de Platon). Certains de ces corpus ont fait l’objet d’entreprises récentes et systématiques de numérisation (par exemple, pour les arts de voyager, le corpus Ars Apodemica On Line, initié par l’Université de Galway, consacré à la période florissante de ces arts, du XVIe au XVIIIe siècle ; pour les dissertations juridiques, les ressources en ligne du Max-Planck-Institute de Francfort).

L’examen de ces différents corpus permettra de cerner, quantitativement et qualitativement, l’apparition et la consécration du droit naturel moderne entre le XVIe et le XVIIIe siècle et sa place dans une histoire culturelle plus large que la seule histoire des techniques juridiques (histoire des idées, histoire de la rhétorique, histoire politique, anthropologie). On s'intéressera au rôle des transferts culturels dans le secteur de la science juridique, dans l’épanouissement puis la postérité de l'humanisme juridique, en identifiant ce qui est constitutif du droit naturel moderne dans les invariants textuels et argumentatifs propres à cet ensemble, en se donnant comme terminus a quo le corpus humaniste (Budé, Alciat, Valla, etc.) et comme terminus ad quem Sieyès dont les œuvres, centrales pour comprendre la place du droit naturel dans la Révolution française, n’ont pas encore fait l’objet d’une édition scientifique et systématique en France.

Financements externes (ANR, Région, Europe...)

Participations des partenaires français et étrangers, en particulier avec le Canada (Laurent Turcot, UQAM, spécialiste des humanités numériques) ; demande à la European Scientific Foundation ; le chantier CoDroNa, soumis pour une ANR en 2013, fera l’objet, après redéfinition, d’une demande d’ANR franco-suisse en 2015.

Manifestations scientifiques

Séminaire : Le libéralisme dans tous ses Etats (circulation des hommes et des idées en Europe – XVIIIème-XXème siècle), dans le cadre de l’axe 3 de la MSHS. Organisateurs : Pierre-Yves Beaurepaire, Marc Marti, Pierre-Yves Quiviger

 

Le libéralisme comme doctrine croise le champ du politique avec celui de l’économie. Les relations que l’on peut établir entre libéralisme économique et libéralisme politique sont complexes, atteignant parfois des dimensions paradoxales. Malgré des précédents qui peuvent se situer au début de l’époque moderne, le libéralisme émerge réellement au XVIIIe, en particulier dans la pensée des Lumières européennes. D’une certaine façon, il est le produit d’une volonté de comprendre ou de découvrir les «lois naturelles» qui régissent l’économie et la politique. Ces «lois naturelles» feront rapidement l’objet d’une diffusion dans toute l’Europe, diffusion qui se traduira paradoxalement par une territorialisation partielle de la doctrine. Le libéralisme originel va se transformer, en fonction des espaces et des temporalités, en «libéralismes» dont les derniers avatars sont sans doute les doctrines dites «néo-libérales» de nos sociétés contemporaines.

L’objectif que propose le séminaire est d’observer, d’analyser et d’interpréter les variations et les diffusions de la doctrine dans les sociétés européennes entre le XVIIIe et le XXIe siècle. Nous proposons pour cela quatre axes pour mener à bien cette recherche.

  1. Comment une doctrine à visée universaliste, comme d’autres théories issues des Lumières, a pu connaître une diffusion importante, qui s’est paradoxalement traduite par une territorialisation plus ou moins marquée en fonction des époques ?
  2. Quels ont été et quels sont les canaux et les acteurs de la diffusion du libéralisme ?
  3. Comment et pourquoi a-t-il été mis en pratique dans la sphère politique, sociale, économique, juridique, institutionnelle des états européens et/ou des organisations transnationales ? Ce questionnement ne pourra éviter d’analyser la permanence de la doctrine depuis le XVIIIe siècle qui doit être interrogée, sans doute, à travers sa plasticité et sa capacité évolutive.
  4. Quelles sont les relations entre libéralisme politique et libéralisme économique ?

Ce séminaire exploratoire vise à développer une approche interdisciplinaire autour de la thématique choisie, en faisant notamment appel à des historiens, des philosophes, des économistes et des juristes. Il viendra s’insérer dansl’axe 3 de la MSH Sud-Est, dans la problématique «L’Europe et ses autres». Il permettra par ailleurs de développer une collaboration avec la MSH de Montpellier (MSHM) qui développe la thématique générale «Dynamique des interactions euro-méditerranéennes» ainsi qu’avec son partenaire canadien le CIERL (Centre Interuniversitaire d’Études sur la République des Lettres, U. de Laval) pour la partie concernant l’Ancien Régime.

- Un 1er séminaire a eu lieu le 12 décembre 2014, avec les intervenants suivants : Marc MARTI (Nice): « Aristocrates et bourgeois libéraux dans l’Espagne de la fin du XVIIIe : contractions et évolutions de la pensée économique » et Paul CHENEY (University of Chicago): « L’économie politique de la colonisation: de la monarchie composite à la nation ».

- Il a été suivi d’un 2ème séminaire le 24 avril 2015, dont les intervenants ont été : Pierre-Yves QUIVIGER (professeur de philosophie, CRHI, Université Nice Sophia Antipolis), « Le libéralisme étatique de Sieyès » et Jacques GUILHAUMOU, Directeur de recherche émérite au CNRS en sciences du langage, UMR « Triangle », ENS/LSH Lyon, « La généalogie historique au fondement de l’analyse discursive de l’idée d’Europe ».

- Le 3ème séminaire se déroulera le 16 octobre 2015 avec les intervenants suivants : Franck SALAÜN (Institut de Recherche sur la Renaissance, l’âge Classique et ses Lumières, IRCL – UMR 5186), « Politique de la librairie au temps de Malesherbes : une approche libérale? » et Jean-Pierre SCHANDELER (Institut de Recherche sur la Renaissance, l’âge Classique et ses Lumières, IRCL – UMR 5186), « Condorcet le libéral au prisme du stalinisme ».