Rubrique Enseignants

Petit guide pour l’enseignant désemparé

Vous pouvez vous trouver un jour devant un étudiant ayant un handicap dans votre cours. Avant de paniquer (mais oui ça arrive !) voici quelques conseils qui peuvent vous être utiles.

 

Demandez avant de commencer vos cours s’il y a des étudiants avec des besoins spécifiques ou qui sont en situation de handicap. Attention, si vous avez des personnes sourdes, il y a un risque qu’elles ne vous comprennent pas ! Demandez à l’ensemble des étudiants (qui probablement sont au courant) ou écrivez au tableau. Proposez qu’ils passent vous voir après le cours et prenez du temps pour traiter ces problèmes particuliers en privé, certains étudiants peuvent souhaiter que leur handicap ne soit pas connu.

 

Si vous avez des étudiants à mobilité réduite ou en fauteuil roulant, pensez à leur demander si la salle leur convient. Tentez de vous renseigner sur les accès en fauteuil roulant à votre salle de cours et la manière dont ils se rendent à l’université (voiture particulière, transport en commun, etc.). Parfois ils utilisent une entrée différente, et il se peut qu’un changement de salle facilite l’accès ou évite des déplacements inutiles. Vérifier où les étudiants handicapés ont cours avant ou après le vôtre et prenez aussi en compte l’accès à des toilettes aménagées.

Si vous êtes à l’étage renseignez-vous sur l’état des ascenseurs et sur des solutions de remplacement en cas de panne.

 

Pour les handicaps sensoriels, un plan de votre cours quelques jours avant peut être de grande utilité. Si vous utilisez des documents électroniques, le plus simple est de les envoyer par email, très souvent ces personnes sont bien équipées en aides techniques. Dans le cas contraire s’il s‘agit de personnes sourdes ou malentendantes un simple document écrit est suffisant. Pour les personnes malvoyantes, les besoins peuvent être très divers, parfois une photocopie agrandie est suffisante, mais il peut être nécessaire de faire appel à une interface spécifique à partir du texte. S’il s’agit d’un étudiant aveugle, le document électronique est souvent la meilleure solution, il peut être lu sur un terminal braille. Une autre solution est un document enregistré sur une cassette. Sinon le document papier peut être transcrit automatiquement à travers un scanner (cellule handicap), pour une version en braille ou restituée par un synthétiseur de parole.

 

Tout ce qui vient d’être dit est aussi valable pour les polycopiés et documents de cours. Si vous utilisez un système de projection à partir d’un ordinateur dans votre cours (powerpoint ou autre) envoyez le document en mode texte, il sera difficile sinon de le lire en braille ou de le synthétiser.

 

Pendant les cours :

Il n’y a pas de problème particulier pour les personnes en fauteuil roulant, parfois une table aménagée (fournie par la cellule handicap) peut être nécessaire en particulier dans les amphis, mais sans qu’il soit isolé de ses camarades.

S’il s’agit d’étudiants avec un handicap lourd (IMC, etc.), ne vous vexez pas si parfois il se repose, l’effort qu’ils doivent fournir à l’université est parfois colossal. Pour les étudiants avec des troubles praxiques qui entraînent des problèmes de manipulation, d’écriture, etc. il peut être nécessaire de prévoir des preneurs de notes. Des troubles du langage peuvent aussi rendre difficile la communication.

 

Dans le cas d’étudiants malentendants ou sourds profonds qui pratiquent la lecture labiale, parlez toujours en face d’eux (ils devront être placés devant) et demandez-leur de vous prévenir si vous oubliez de le faire, vous allez apprendre vite... Ce n’est pas la peine de parler quand vous écrivez au tableau, ils ne pourront pas vous suivre, mais il peut être nécessaire de lire ce que vous écrivez à l’intention des personnes aveugles. La lecture labiale apporte une information partielle (il y a trois fois plus de sons en français que d’images labiales). Il existe un langage parlé complété (LPC) qui permet de lever ces ambiguïtés. Parfois ils auront besoin de preneurs de notes, ce qui peut être effectué par des étudiants du même cours. Un ordinateur portable peut faciliter la tâche.

Les cours peuvent aussi être interprétés en LSF (langue des signes française) ; dans ce cas le mieux est de communiquer avec antériorité à l’interprète un résumé du cours pour qu’il puisse le préparer. Les contraintes posées par les interprètes sont assez draconiennes, il faut prévoir des pauses de dix minutes toutes les heures sauf si on peut disposer de deux interprètes qui se relayent.Ne parlez pas trop vite, et n’oubliez pas que votre étudiant sourd peut intervenir comme les autres (même si c’est l’interprète qui parle à sa place) et qu’en cas d’interventions multiples (réunion, séminaire), il faut un certain ordre pour que les personnes sourdes puissent savoir qui a la parole.

La gestion des interprètes LSF est complexe et son coût élevé, mais des aides extérieures personnalisées sont possibles.

Des essais d’interprètes délocalisés sont faits à travers le réseau, ceci pourrait faciliter la gestion (un ordinateur muni d’une webcam, d’un micro et un haut-parleur seront alors nécessaires dans le cours).

 

Pour les étudiants aveugles et malvoyants, ne pas oublier de lire ce qui est écrit au tableau (c’est parfois très compliqué en mathématiques et informatique par exemple) et d’épeler les noms propres et mots complexes. Veillez aux conditions d’éclairage du tableau. Permettez l’enregistrement de vos cours (avec un engagement de confidentialité, si vous êtes trop anxieux). Et n’oubliez pas de transmettre vos documents.

 

En cas d’évacuation :

Ne partez pas avant d’avoir pris en charge vos étudiants handicapés : accompagner les étudiants aveugles, placer dans les endroits prévus les étudiants à mobilité réduite si les ascenseurs ne sont pas disponibles sans oublier que les étudiants sourds ne pourront pas entendre les signaux acoustiques et consignes vocales…

 

Evaluation, examens :

Les aménagements des examens et concours de l’enseignement scolaire et de l’enseignement supérieur pour les candidats présentant un handicap sont régis par le décret n°2005-1617 du 21 décembre 2005 et la circulaire n°2006-215 du 26 décembre 2006, en application de l’article L 112-4 du Code de l’Education.

Il convient, néanmoins, d’ajouter que le principe de non-discrimination doit jouer aussi au niveau de la note. Une évaluation trop bienveillante ou surestimée peut conduire à une déception plus tard et à une frustration dans la poursuite des études.

 

guide de l’accueil de l’étudiant handicape 27/11/07 page 45-46.